Christiane Garant, de Myko Anna, bénéficie des conseils de son mentor de SAGE, Régis Labeaume, pour prendre des décisions plus éclairées pour son entreprise.- (Photo Jean Pascal Lavoie)
SAGE: L'expérience au service des jeunes entrepreneurs
Le Service d'aide aux gestionnaires et entrepreneurs (SAGE) entreprend une nouvelle année avec pour objectif d'apporter le soutien d'un mentor à 125 jeunes entrepreneurs. Un accompagnement qui permet de déjouer les statistiques sur la survie des nouvelles entreprises.
Au Québec, deux nouvelles entreprises sur trois ferment leurs portes avant leur cinquième année d'existence. Les raisons sont nombreuses, mais le niveau d'expérience et de connaissances de l'entrepreneur y est souvent pour beaucoup. C'est précisément sur cette variable qu'agissent les mentors de SAGE.
«Trois entreprises sur quatre dont le gestionnaire fait appel à un mentor survivent au-delà des cinq premières années, confirme Régis Labeaume, président de la Fondation de l'entrepreneurship et lui-même mentor. Si j'avais bénéficié des conseils d'un mentor quand je me suis lancé en affaires, j'aurais fait moins d'erreurs et dit moins de niaiseries!»
Ce que confirme Luc Dupont, président d'Atrium Biotechnologies et mentor chez SAGE. «Pendant les premières années d'existence d'une entreprise, le gestionnaire passe son temps à éteindre des feux et touche littéralement à tout. Il lui manque souvent le recul nécessaire pour valider ses décisions et les orientations de son entreprise.»
Le mentor n'intervient toutefois pas dans le processus décisionnel. Il sert plutôt de guide auprès de l'entrepreneur. «On ne travaille pas sur l'entreprise, précise Jacques Meilleur, président de SAGE, mais on travaille avec l'entrepreneur.»
Christiane Garant est présidente de la maison de couture Myko Anna et unique actionnaire depuis 2003. Avec la rapide croissance de son entreprise et ses projets de plus grande envergure, elle a senti le besoin de se faire conseiller par quelqu'un qui est déjà passé par là.
«Lorsque nous avons franchi le million de chiffre d'affaires, nos partenaires financiers traditionnels n'étaient plus en mesure de nous suivre, raconte la jeune femme d'affaires. Les décisions devenaient cruciales et je ne voulais pas mettre en péril le travail de tant de personnes qui ont contribué à faire de Myko Anna ce qu'elle est devenue.»
Sa rencontre avec son mentor, Régis Labeaume, l'a rassurée sur ses orientations et l'a aiguillée vers de nouvelles avenues et partenaires potentiels. «Il ya beaucoup à apprendre des bons coups et des erreurs de ceux qui ont déjà vécu la même situation, ajoute-t-elle. Les entrepreneurs sont souvent fonceurs et ne sont pas toujours portés à demander l'avis des autres, mais il faut aussi savoir mettre son orgueil de côté.»
Présentement, 91 entrepreneurs bénéficient des conseils de la soixantaine de mentors de SAGE. La corporation sans but lucratif espère que 125 entrepreneurs feront appel à ses services cette année.