Christian Savard, directeur d’Accès transports viables; Suzanne Lareau, présidente directrice de Vélo-Québec; et Jeanne Robin, chargée de projet du programme Mon école à pied, à vélo!
Un programme qui prône les déplacements actifs
Mon école à pied, à vélo
Le programme Mon école à pied, à vélo prend du galon. En 2007-2008, pas moins de 12 établissements d'enseignement primaire de la région de Québec prennent part à l'initiative lancée par l'organisme Accès Transports Viables, le tout afin d'encourager les jeunes à effectuer des déplacements actifs.
Il y a 30 ans au Québec, huit enfants sur 10 se rendaient à l'école à pied ou à vélo. En 1990, cette proportion était inférieure à quatre sur dix. Résultat : augmentation de la circulation automobile, du bruit, de la pollution de l'air, et bien entendu, des problèmes de poids importants chez les jeunes.
«L'urgence, c'est de renverser un cercle vicieux, explique Jeanne Robin, coordonnatrice du programme dans la région de Québec. Les parents reconduisent leurs enfants en voiture, la circulation augmente autour des écoles, les rues deviennent plus dangereuses pour les piétons et les cyclistes… alors les parents décident d'emmener leurs enfants en voiture. C'est une roue qui tourne.»
Afin de contrer ce phénomène, Mon école à pied, à vélo s'appuie sur deux volets : la sensibilisation et l'amélioration des aménagements piétons et cyclables aux abords des institutions d'enseignement. Pour chaque école participante, l'équipe a réalisé un plan de déplacement qui comprend un diagnostic de la situation ainsi que des recommandations afin de rendre le milieu plus favorable à la marche et au vélo. Ainsi, c'est toute la communauté qui se mobilise pour aider les enfants à bouger davantage.
«La situation est très différente d'une école à l'autre. Les enfants marchent plus dans les quartiers centraux, font plus de vélo en banlieue, mais partout les parents demandent des aménagements plus adéquats et sécuritaires. C'est ce sur quoi nous travaillons», ajoute Mme Robin, rappelant que le déploiement du programme dans la région est rendu possible grâce à la collaboration de la Conférence régionale des élus de la capitale nationale, du Centre de santé et des services sociaux de la Vieille-Capitale, et de l'Agence de la santé et des services sociaux de la capitale nationale.
À la Commission scolaire de la Capitale, quatre écoles ont d'ores et déjà emboîté le pas. Il s'agit des écoles Saint-Paul-Apôtre, Saint-Albert-le-Grand, Sainte-Odile et Stadacona-Grande Hermine. Deux autres établissements sont en attente de confirmation, soit les écoles La Source et Saint-Fidèle.
Alain Lévesque
Commentaire mis en ligne le 29 septembre 2007Un élément important qu’il faut faire surgir dans le présent contexte est tout simplement l’éloignement des écoles du milieu de vie des élèves. Il ne faut pas mettre toute la responsabilité sur le dos des parents et des élèves. Depuis la fin des années 1980 l’organisation scolaire a déplacé une multitude d’élèves vers des écoles centralisées, loin de leurs domiciles, obligeant plusieurs d’entre eux à utiliser le transport scolaire. On a transformé et même fermé des écoles de quartier qui étaient accessibles à pied pour des enfants. Je pense que l’organisation scolaire doit prendre davantage de responsabilités et non seulement “prendre part à l’initiative” pour proposer des alternatives “viables” aux enfants expatriés de leur quartier, expropriés de leur école de quartier. Le milieu scolaire a sa part de responsabilité dans la dégradation des conditions de santé des enfants tel que démontré dans l'article. Ce n'est pas une faveur que "prendre part à l'initiative" c'est un dû.