Selon Stéphane Arbour, testeur chez Ubisoft, pour percer dans l'industrie des jeux vidéo, il faut être passionné, bien outillé et foncer.
Au-delà du rêve de travailler tout en s'amusant
Dossier spécial: Industrie des jeux vidéos
Avant de se lancer dans l'industrie des jeux vidéo, il est important de connaître ses rouages et ce que cela implique. L'image du métier parfait où on est payé pour s'amuser qu'ont certains est alimentée par une croyance populaire: un développeur de jeux se la coule douce à longueur de journée devant des consoles roulant la dernière version de Prince of Persia ou Halo 3. D'autres ne voient que le gros salaire et la décapotable garée à la porte de leur futur bureau.
La réalité est toute autre. Certes, les emplois dans le domaine sont enviables mais demandent tous une persévérance exemplaire. Il faut être conscient qu'il faudra aussi plancher sur des projets marginaux et que la paie ne reflétera pas nécessairement la charge de travail investie. Créer un jeu vidéo, c'est faire grandir un bébé électronique, sans compter les heures. La main-d'oeuvre en formation a de la chance, car le Québec poursuit son virage technologique entamé il y a plusieurs années et ce n'est pas prêt d'arrêter.
Au début des années 1980, il n'existait pas de formation dédiée aux jeux vidéo. Les programmeurs prenaient souvent le rôle de designers, artistes et autres. Avec les nouvelles générations, le développement s'est complexifié et a demandé des postes spécifiques. En 2007, une personne désireuse de consacrer sa vie à ses idées doit être polyvalente. Même si les emplois se sont spécialisés, un développeur touche-à-tout apportera bien plus au sein d'une compagnie visée. C'est la raison pour laquelle les programmes de formation optent pour un enseignement diversifié et global.
Accès et formation
Comment accède-t-on à cette industrie? Il n'existe pas de solution magique. Débuter en tant que testeur et grimper les échelons a toujours été proclamé comme le moyen le plus «propice» pour y parvenir. Toutefois, avec les cours de formation continue qui se multiplient, cette réalité a perdu de sa véracité. Comme l'explique Stéphane Arbour, testeur chez Ubisoft depuis 1999: «il n'y a pas vraiment de mauvaise méthode pour mettre les pieds dans l'industrie. Le chemin qui semble le plus simple est de débuter en tant que testeur, et ensuite rencontrer des personnes qui occupent le poste convoité et poser les (bonnes) questions. Il semble exister dans certaines firmes un penchant favorable à l'égard des créateurs externes auxquels on accorde l'occasion de faire leurs preuves. L'important est d'avoir les compétences requises et d'être armé d'un bon c.v. accompagné d'une lettre de motivation qui vous démarque des autres.»
Cela n'empêche en rien de qualifier cette industrie de captivante et pleine d'opportunités. En mai dernier, par exemple, le site
www.macarriereenjeux.com a été inauguré, en collaboration avec le développeur québécois Beenox. Cette ressource virtuelle regorge d'informations utiles. On y trouve les différentes formations offertes au Québec avec descriptions complètes. Sans oublier que la plupart des entreprises du domaine ont une section destinée au recrutement de jeunes talents dans les sites Internet corporatifs. Il existe également d'autres sites de référence, dont:
www.jiraf.org, www.gamasutra.com et
www.gamedev.net
* (Collaboration spéciale Michaël Bertiaux, chroniqueur Internet)