Les cours du blé atteignent des sommets historiques à la Bourse de Chicago. Le prix du boisseau est passé de 5,20 $ à la mi-mai à plus de 7,80 $ ces derniers jours, pour une augmentation de 50%.- (Source Chicago Board of Trade)
Prix des céréales élevés, panier d'épicerie plus cher
Des récoltes de blé plus faibles que prévu jumelées à la popularité montante de l’éthanol contribuent à hausser le prix de votre panier d’épicerie. Situation exceptionnelle ou tendance lourde?
En raison des mauvaises conditions climatiques généralisées, les producteurs de blé canadiens prévoient des récoltes inférieures de 20% à leurs prévisions. Heureusement pour eux, la situation est sensiblement la même chez les autres grands producteurs mondiaux et les pays importateurs, comme le Japon, se ruent sur les marchés pour assurer leur approvisionnement en blé cet hiver.
Résultat, le Conseil canadien du blé a révisé à la hausse ses perspectives de rendement pour la présente campagne agricole. Les perspectives du blé ont gagné 21$ la tonne comparativement à juillet et celles pour le blé dur de grade meunier, de 45$ à 50$ la tonne. À la Bourse de Chicago, le prix du boisseau de blé atteint des sommets historiques. Le 29 août dernier, le blé pour livraison en décembre a clôturé à 7,584 $ le boisseau, alors qu’à la mi-mai, il évoluait entre 5 $ et 5,20 $ le boisseau.
Au facteur climatique, somme toute ponctuel, s’ajoutent les prix élevés de l’énergie et la popularité de l’éthanol qui tous ensemble contribuent à faire augmenter le prix de l'ensemble des produits agricoles et permettent d’entrevoir une tendance difficilement renversable.
«Les politiques américaines et canadiennes en faveur de la production et de l’utilisation de l’éthanol font beaucoup augmenter la demande pour le maïs, explique Bruno Larue, professeur au département d'économie agroalimentaire à l'Université Laval. Les producteurs américains s'ajustent déjà avec une augmentation d'environ 18% des superficies consacrées à cette culture.»
Si le maïs prend de plus en plus de place dans les champs nord-américains, cela diminue d'autant la surface disponible pour les autres grains, ce qui augmente les pressions haussières sur leurs prix. «Tout se suit et est relié, poursuit M. Larue. Le prix élevé des céréales fait également augmenter le prix de la viande puisque le bétail se nourrit de fourrage. Les prix de la production agricole sont extrêmement volatils, car les producteurs ont peu de contrôle à court terme sur leur offre. De petits changements dans la demande peuvent faire varier énormément les prix.»
Il semble pour l'instant assez ardu d'isoler l'incidence de l'augmentation du prix du blé dans l'Indice des prix à la consommation (IPC) publié par Statistiques Canada. Le calcul de l'IPC de juillet dernier relevait une variation de 2,8% pour les aliments comparativement à juillet 2006. Il sera intéressant dans les prochains mois de surveiller cet indice, quoique le prix des produits à base de céréales dans les épiceries devrait refléter assez rapidement la hausse des cours.