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La moitié des étudiants universitaires sous-estiment les coûts de leur formation

Ils sont également mal préparés pour faire face aux dépenses quotidiennes

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 8 septembre 2007 à 6:30
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La moitié des étudiants universitaires sous-estiment les coûts de leur formation
Les étudiants canadiens et plus particulièrement québécois sont nombreux à manquer de planification financière pour mener à bien leurs études universitaires.
La moitié des étudiants universitaires sous-estiment les coûts de leur formation
Ils sont également mal préparés pour faire face aux dépenses quotidiennes
Un récent sondage le confirme, le coût des études universitaires atteint des sommets inimaginables pour les étudiants, et les endette dans des proportions qui les obligeront à retarder certains projets importants dans leur vie, tels que l'achat de leur première maison. Remplis de bonnes intentions, les jeunes ont du mal à établir un budget afin de réaliser leur rêve.
Selon une étude effectuée pour le compte de BMO Banque de Montréal, plus de la moitié des étudiants interrogés ont sous-estimé de 34 % le coût des études universitaires, alors que près de la moitié avouent avoir manqué de fonds. Qui plus est, alors que les étudiants reconnaissent les risques d'être endettés après l'université, nombre d'entre eux admettent ne prendre aucune mesure préventive, comme par exemple le fait de demander conseil à leurs parents ou à un expert financier.

La plupart des étudiants ont expliqué qu'il leur faudra une moyenne de cinq ans pour rembourser leur dette d'études, et admis qu'ils seront obligés de retarder l'achat d'une maison ou d'attendre plus longtemps avant de pouvoir commencer à économiser et à investir. Près de 20 % de ceux qui étudient dans leur ville d'origine estiment qu'ils devront continuer à vivre chez leurs parents afin de pouvoir rembourser leur dette, tandis que 9 %de ceux qui étudient dans une autre ville affirment qu'ils devront retourner habiter chez leurs parents.

«Les étudiants acceptent que l'endettement fasse partie de leur mode de vie après l'université, mais plus de la moitié des diplômés du secondaire que nous avons interrogés ont répondu qu'ils n'ont pas encore élaboré un budget pour leur première année d'études, explique Sid Chopra, premier directeur, BMO Banque de Montréal. Il est essentiel que les étudiants acquièrent très tôt de solides compétences en matière de planification financière, afin de pouvoir minimiser leur endettement à plus long terme.»

Selon des données publiées récemment, le coût moyen des études universitaires pour ceux qui étudient loin de leur lieu de résidence peut s'élever jusqu'à 11 000 $ par année. Cependant, 53 % des étudiants déjà engagés dans la vie universitaire ont répondu n'avoir prévu que 9 000 $ ou moins au cours de leurs précédentes années d'études. L'étude révèle aussi que les étudiants sont mal préparés pour faire face aux nombreuses dépenses associées à la vie universitaire, telles que les frais de scolarité, les loisirs, la nourriture, le transport et les soins de santé.

«Si de nombreux parents suggèrent à leurs enfants d'obtenir des conseils auprès d'un conseiller financier à la fin de leurs études, alors qu'ils débutent leur carrière professionnelle, la plupart ne voient pas l'intérêt de consulter un expert financier afin de les aider à planifier les dépenses d'éducation, poursuit M. Chopra. Il ajoute par ailleurs que les banques, les transporteurs et autres détaillants se disputent tous la clientèle étudiante, et qu'ils n'hésitent pas à proposer des rabais alléchants afin de l'attirer.

«Choisissez le bon endroit et la bonne façon de dépenser votre argent, explique M. Chopra. Les rabais consentis aux étudiants peuvent aider à réduire de façon importante les dépenses quotidiennes qui sont associées à la vie étudiante.»
Conseils pour l'élaboration d'un budget universitaire
* Définissez un budget réaliste, en tenant compte des livres scolaires, des fournitures, des ordinateurs (y compris les logiciels et l'accès à Internet), des transports, de la vie au quotidien et des dépenses sociales.
* Prévenez les imprévus et soyez prêt. Des frais supplémentaires sur les livres à une crevaison en voiture, en passant par un voyage non planifié pour aller voir les parents, des frais imprévus finissent toujours par surgir, et tous les étudiants devraient avoir une réserve d'urgence pour y faire face.

* Profitez des rabais étudiants, puisque chaque sou compte. De nombreux magasins et réseaux de transport offrent des rabais aux étudiants, alors n'ayez pas peur de demander.

* Payez dès aujourd'hui. Autant que possible, payez vos frais de scolarité au fur et à mesure. De nombreux étudiants accèdent au collège ou à l'université sans avoir de plan pour le financement de leurs études, servez-vous de vos économies accumulées dans le cadre d'un emploi d'été ou d'un emploi permanent à temps partiel pour vous aider à payer vos études au fur et à mesure.

* Renseignez-vous sur les options de remboursement. Si vous n'êtes pas admissible à l'aide offerte par le gouvernement ou que vous n'avez pas assez économisé à partir d'un emploi d'été, la plupart des institutions financières peuvent vous aider en vous proposant un prêt ou une marge de crédit.

* Pensez à court et à long terme - En disposant de deux comptes bancaires différents, les étudiants peuvent gérer séparément leurs besoins financiers à court et à long terme. Un compte de chèques est parfait pour les besoins quotidiens et hebdomadaires, tandis qu'un compte d'épargne peut servir à accumuler de l'argent qui servira plus tard durant l'année.

* Réévaluez régulièrement vos besoins financiers. Au fur et à mesure de vos études collégiales ou universitaires, l'aide financière dont vous avez besoin évolue fréquemment. Planifier des rendez-vous réguliers avec votre professionnel des services bancaires est une excellente façon de conserver des finances en santé, et d'apporter les ajustements que vous jugerez nécessaires sur le plan financier.

* Ne payez l'intérêt que sur les fonds que vous utilisez. Les marges de crédit aux étudiants diffèrent des prêts traditionnels en ce sens que lorsqu'une demande est approuvée, vous utilisez uniquement ce dont vous avez besoin, lorsque vous en avez besoin, aussi souvent que vous le voulez (jusqu'à concurrence de votre limite de crédit). Vous pouvez également les rembourser en tout temps, et ce, sans aucune pénalité.

* Obtenez-en davantage pour l'argent que vous dépensez. Cherchez des façons de transformer vos dépenses en économies.
Variantes régionales
- Les étudiants universitaires québécois, actuels et futurs, sont plus nombreux que ceux des autres provinces à sous-estimer le coût des études universitaires, alors que 51 pour cent d'entre eux prévoient qu'il leur en coûtera moins de 7 000 $ pour leur première ou leur prochaine année d'études, comparativement à la moyenne nationale de 32 %.
- Les étudiants du Canada atlantique ont plutôt tendance à surestimer le coût de leurs études, alors que 13 pour cent d'entre eux ont prévu plus de 15 000 $ pour la prochaine année, et que 26 % ont estimé leur budget entre 10 000 $ à 15 000 $.

- En Ontario, un nombre d'étudiants plus élevé que dans n'importe quelle autre région estime le coût des études universitaires dans une fourchette appropriée de 10 000 $ à 15 000 $, mais dans leur ensemble, les étudiants ontariens sont ceux qui prévoient le moins, comparativement aux prévisions budgétaires de 9 300 $ à l'échelle nationale.

- Les étudiants des Prairies sont deux fois plus enclins à posséder une carte de crédit durant leur première année universitaire que ceux du Canada atlantique, où le taux de possession d'une carte de crédit est de 29 %.

- Les étudiants du Canada atlantique sont ceux dont l'estimation est la plus élevée en ce qui concerne leur dette d'étude, 37 %des répondants de cette région prévoyant avoir une dette de plus de 30 000 $ à la fin de leurs études. À l'opposé, seuls 5 % des Québécois estiment que leur dette atteindra de tels sommets.

- Les étudiants de la Colombie-Britannique et du Canada atlantique sont ceux qui ont le plus tendance à dire que les coûts croissants des frais de scolarité les obligent à remettre en question leur accès à l'université, alors que les Québécois sont les moins nombreux à penser ainsi.

- Les étudiants de la Colombie-Britannique sont les plus enclins à chercher des conseils financiers sur Internet, tandis que les Québécois sont ceux qui s'adressent le plus à des institutions financières pour obtenir de tels conseils.
À propos du sondage
Le sondage a été réalisé par la firme TNS Canadian Facts du 14 au 19 août dernier, auprès de 1 017 étudiants de l'ensemble du Canada. Toutes les données ont été pondérées en fonction de l'âge, du sexe et de la région d'origine des étudiants, afin d'obtenir une représentation la plus exacte possible des jeunes de 18 à 24 ans au Canada. Le sondage est disponible en version complète, sur demande.

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