Dégel de la qualité et des responsabilités
En vigueur avec la présente rentrée universitaire, le dégel des frais de scolarité doit être perçu avant tout comme une démarche favorable à l'amélioration du système éducatif en place qui, sans ressources financières additionnelles, ne peut que plafonner. Or, dans une société ouverte sur le monde comme celle où nous vivons, on ne peut prôner le repli ou la stagnation sans risquer d'en payer le prix ultérieurement.
On conviendra qu'un beau diplôme reste inutile sans débouchés. À cet égard, des finissants tant dans les sphères d'activités techniques que théoriques qui ne sont pas formés selon les connaissances et surtout les pratiques à jour deviennent moins attrayants pour les employeurs. Confronté à la concurrence mondiale entre les institutions du savoir, le milieu québécois de l'éducation supérieure doit se mettre au diapason. Le dégel décrété par le gouvernement provincial s'inscrit en ce sens.
Dans un système artificiellement maintenu à bas prix depuis des années voire plus d'une décennie, les arguments contre un réajustement des frais de scolarité à l'université sont difficiles à justifier. Le Québec demeure la province où il en coûte le moins cher pour réaliser des études supérieures. La majoration de 50 $ par session pour atteindre 500 $ d'ici 2012 ne peut être perçue comme un empêchement à la formation de la relève et de l'élite de demain.
Au contraire, les universités en proie à des déficits accumulés importants ont grandement besoin d'un peu de marge de manœuvre afin d'améliorer leur offre. Les associations étudiantes devraient plutôt militer en faveur d'un accès à une formation de plus grande qualité. C'est cet investissement dans leur avenir qu'elles se doivent d'exiger et de défendre avec vigueur. Il en va de la responsabilité de chaque étudiant d'assumer son développement de carrière et d'y consentir certains sacrifices, fussent-ils financiers à certains égards. Après tout et en fonction du principe d'utilisateur-payeur, une hausse de 500 $ sur cinq ans s'avère moins que la première paye pour cinq jours de travail dans un domaine de choix.
Pour sa part, le gouvernement ne doit pas pour autant abdiquer de sa responsabilité de maintenir un accès universel aux études universitaires. Notamment, en ajustant l'aide financière aux étudiants dans le besoin et aussi en réinvestissant continuellement dans l'amélioration de la formation. Notre développement économique et social en dépend…