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Décourager l'utilisation des sacs de plastique par une taxe

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 17 août 2007 à 8:30
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Décourager l'utilisation des sacs de plastique par une taxe
Il arrive que les mesures incitatives donnent peu de résultats. Si bien que le recours à une taxe spéciale devient le seul moyen d'espérer régler un problème qui s'étire dans le temps et dans… l'environnement. C'est justement le cas avec les sacs de plastique auxquels la ministre du Développement durable, Line Beauchamp, songe à imposer une taxe dès l'automne pour en réduire l'utilisation.
Au risque de déplaire à certains collègues du cabinet provincial ainsi qu'à plusieurs contribuables, qui déploreront en chœur l'alourdissement du fardeau fiscal québécois déjà lourd à porter, cette nouvelle taxe de quelques sous par sac de plastique utilisé lors des emplettes semble appropriée. Malheureusement, il s'agit souvent de la seule méthode infaillible pour entrer dans les mœurs de saines habitudes de consommation.

De fait, en cette matière, il faut se rendre à l'évidence, les crédits ou rabais promis à l'égard des bonnes intentions ne suffisent pas. Rapidement, on atteint un seuil limite au-delà duquel plus rien ne progresse ou si peu. Certes, il y a un nombre intéressant de clients qui apportent leurs sacs réutilisables à l'épicerie, mais cela reste minoritaire, voire carrément négligeable dans les magasins.

À certains égards, on trouve ça sympathique de la part du voisin qui espère sauver notre planète. Mais il ne faut pas que ses sacs de coton prolongent le processus d'emballage et donc la file à la caisse. Autrement, on le regarde vite de travers en tapant du pied. Tant de misère pour une ristourne de 0,05 $ par sac écolo fulmine-t-on. Or, voilà justement pourquoi l'heure est venue d'envisager une nouvelle façon de conscientiser les consommateurs aux gestes qu'ils posent.

Assurément, les gens qui magasinent avec leurs sacs de coton sous le bras le font davantage par conviction que par souci d'économie. Ce ne sont pas 0,20 à 0,30 $ sur un panier d'épicerie de 150 à 200 $ qui font courir les foules. À l'inverse, une surtaxe de quelques sous sur chaque sac de plastique obtiendrait davantage d'impact. Quand la carotte ne suffit plus, il faut employer le bâton.

Et puis, si les consommateurs insouciants se déculpabilisent de se voir surfacturer un montant minime, au moins cela permettra d'amasser des fonds qui pourront être réinvestis en environnement. Car, il ne faut pas oublier que les sacs de plastique, qui ont la fâcheuse habitude de nous filer entre les doigts au moindre coup de vent et de se disperser dans le paysage, mettent des centaines d'années à se décomposer.

Aussi bien que ce soit les responsables de ce fléau qui en fassent les frais. Après tout, c'est la base du principe de pollueur-payeur...

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