Est-ce que ça pu? Lili Michaud, auteur de «Tout sur le compost» assure qu’aucune odeur n’émane du processus, si on respecte les conditions de vie des vers: humidité, oxygénation et alimentation en quantité et en qualité appropriées.
Le ver, meilleur ami de l’homme?
Vermicompostage : compostage urbain
Tous les gestes bons pour l’environnement ont la cote en ce moment. Mais seriez- vous prêts à cohabiter avec une colonie de vers pour aider à sauver la planète?
Vous souhaitez réduire votre production de déchets domestiques, dont 40 % seraient compostables, et du même coup, produire un compost de qualité. Mais, vous habitez au centre-ville ou ne disposez pas d’un espace extérieur suffisant pour le faire. Lili Michaud, agronome, vous suggère le vermicompostage. Il s’effectue à l’intérieur…
Elle le recommande même à la blague à ceux qui souhaiteraient avoir des animaux de compagnie, mais qui ne le peuvent, faute de propriétaire ou d’espace : «Pas bruyants, pas d’entretien, sans odeurs, les vers pourraient devenir vos animaux préférés…».
Un investissement rentable pour l’environnement et pour le portefeuille…
Selon celle qui donne les formations gratuites sur le compostage offertes par les villes de Québec, St-Augustin et L’Ancienne-Lorette, il est possible de confectionner le vermicomposteur ou d’en acheter un «vers-en-main» moyennant un investissement initial de 30$ à 120$ dépendant de la taille du modèle.
Le plus coûteux demeure les vers (environ 50$ le kilo). Pas n’importe quel ver. Le vermicomposteur ne se contente pas du premier lombric venu. Il nécessite les «Eisenia feotida» communément appelés «vers à fumier», un ver rougeâtre avec des bandes jaunes. «On peut les cueillir soi-même sur des tas de fumiers, mais il faut avoir le cœur solide… ironise Mme Michaud, les vers de terre communs comme les lombrics sont plutôt des laboureurs alors que les vers à fumier sont des décomposeurs, c’est de ce type d’ouvrier dont nous avons besoin.»
Il est toutefois possible de rentabiliser son investissement en vendant ses vers à son entourage car les vers se multiplient. Le compost, en modeste quantité, résultante du travail des vers est également de meilleure qualité que celui produit à l’extérieur. Il est recherché par les horticulteurs, un petit sac peut se vendre 8$ dans les centres jardins.
Le problème majeur de cette technique demeure sa relative efficacité. Un vermicomposteur moyen nécessitera environ 1000 vers qui ne pourront transformer l’équivalent de leur poids (500 grammes) en nourriture qu’en une semaine, selon l’épreuve des faits réalisée par Mme Michaud. L’autre inconvénient est que les vers font la fine bouche. Ils n’aiment pas les viandes, les poissons, les os, les produits laitier, les huiles, les vinaigres, les agrumes, l’ail et l’oignon.
Pour de l’information sur les prochaines formations gratuites sur le compostage dans votre secteur:
www.ville.quebec.qc.ca