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Passion transmise d'une génération à l'autre de Latulippe

par Jean-Marc Pageau, collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 30 juillet 2007 à 12:05
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Passion transmise d'une génération à l'autre de Latulippe
Richard Latulippe est pratiquement né dans le magasin fondé par son père.
Passion transmise d'une génération à l'autre de Latulippe
Avant mon dernier voyage de pêche, comme des centaines de pêcheurs le font, je suis passé «chez Latulippe» afin de regarnir mon coffre à pêche. C’était un samedi matin et monsieur Latulippe père était présent au magasin. Quelle belle rencontre avec un homme éminemment sympathique avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger durant quelques minutes.
Québec Hebdo: - Monsieur Latulippe, vous êtes toujours aussi présent, même le samedi ?
Richard Latulippe: - «Durant l’été, il m’arrive souvent de venir au magasin les fins de semaine. De cette façon, mes garçons peuvent prendre congé. Pour moi, c’est un plaisir et ça me permet d’être présent avec mes employés et surtout de rencontrer notre clientèle.»
QH: - On a l’impression que le magasin a toujours existé, vous en êtes à quelle génération ?
RL: - «Mes garçons sont la troisième génération, et la quatrième est en marche ! En fait, j’ai 62 ans et je suis pratiquement né dans le magasin. Notre famille occupait le logement au-dessus du commerce. Mon terrain de jeu, c’était ici. Au début, c’était surtout ma mère qui s’occupait du magasin. Mon père avait comme trois emplois. Il travaillait à St-Michel Archange, le soir il était musicien (plusieurs se souviendront des frères Latulippe qui jouaient au Château Frontenac) et, bien sûr, il s’occupait aussi du commerce. Le premier magasin en était un de robes usagées. Mon père avait des contacts pour acheter des robes usagées que ma mère réparait pour ensuite les revendre. À cette époque (1940), il était situé juste en face du magasin actuel. Ici, c’était une salle de billard et un petit magasin général que mon père a acquis quelques années plus tard.»
QH: - À quel âge votre terrain de jeu est-il devenu votre lieu de travail ?
RL: - «Dès l’âge de 18 ans, je n’étais pas trop porté sur les études et comme je vivais dans le magasin, c’était un naturel que j’y travaille. Par contre, il n’était pas question que mes enfants y travaillent avant d’avoir terminé leurs études. Mes deux fils, Louis et François, ont obtenu un bac et une maîtrise en administration et c’était important pour moi. Aujourd’hui, ce sont eux qui dirigent en grande partie l’entreprise et je suis fier de leur réussite.»
QH: - Revenons à l’histoire du magasin. Du comptoir de robes usagées, comment en êtes-vous venu à l’entreprise que nous connaissons aujourd’hui ?
RL: - «Au fil des années, mon père a diversifié la marchandise, mais c’est surtout après la guerre en 1945 que toutes sortes de produits étaient disponibles en surplus de guerre. Mon père achetait la marchandise en ballot et il engageait du personnel pour trier, laver, et réparer le tout que l’on vendait ensuite à la pièce. C’est aussi à cette époque que l’on a commencé à vendre les armes à feu. Les fameuses 303 de l’armée et un peu plus tard les 12, les 410 et les 20. Tout s’est enchaîné par la suite, les équipements de camping, les couteaux, les tentes, etc. On s’est aussi spécialisés dans les chaussures et les vêtements de travail. Je ne souviens encore des immenses ballots de bottes que mon père achetait et qu’on revendait. Quand j'ai pris la direction du magasin, nous avons continué de diversifier et d'évoluer vers le plein air tout en conservant nos acquis. Je me considère chanceux surtout parce que j’ai toujours eu et j’ai encore aujourd’hui de très bons employés. Ça peut paraître un cliché aujourd'hui, mais dans mon cas c’est la réalité. La motivation et la fidélité des employés ont contribué grandement à notre réussite. Toute notre famille a été continuellement bien appuyée par nos employés.»
QH: - Votre entreprise ne se limite pas au seul Magasin Latulippe ?
RL: - «Effectivement, ce que les gens connaissent moins c’est notre division industrielle. Nous fournissons les habits de travail ou uniformes à beaucoup d’entreprises de Québec. On a une équipe qui travaille exclusivement là-dessus. Nous avons aussi une autre division qu’on appelle ''Négociant chasse et pêche Dupont''. Il y a plusieurs années, j’ai acheté l’entreprise Surplus Dupont située sur la rue Dupont à Québec. Avec cette division, nous fournissons plus de 500 petits magasins ou comptoirs en produits de chasse et pêche. Encore là, nous avons une équipe, des bureaux et des entrepôts dédiés uniquement à cette division.»
QH: - À quoi attribuez-vous votre succès ?
RL: - «Le travail… Mon père nous a formés à travailler. Personnellement, j’ai passé ma vie au magasin. Tout comme mon père, j’ai travaillé énormément semaines et week-ends sans arrêt. Aujourd’hui, avec tous les systèmes informatiques et tous les outils modernes dont ont dispose, ça nous facilite la vie. Mais je crois toujours que le travail est gage de réussite.
QH: - Depuis 2003, les fils François et Louis sont propriétaires a parts égales de l’entreprise. Monsieur Latulippe père y est toujours présent et je vous souhaite d’avoir le plaisir tout comme moi de le rencontrer. C’est un homme charmant, bon et doté d’un sens extraordinaire de la justice et de l’honnêteté. Chapeau à Richard Latulippe et à sa famille.

* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)

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