L'Habitation de Champlain, un futur bien culturel du Québec
L'Habitation de Champlain, dont le périmètre englobe la place Royale, l'église Notre Dame-des-Victoires et une partie des terrains bordant les rues Saint-Pierre, Sous-le-Fort et Notre-Dame, pourrait bientôt figurer au Régistre des biens culturels du Québec. C'est du moins le projet de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, qui vient de signer un avis d'intention en ce sens.
«Il s'agit d'un lieu hautement symbolique où l'explorateur Samuel de Champlain a fondé, le 3 juillet 1608, le premier établissement français permanent en Amérique, rappelle la ministre. Ce site, déjà fréquenté par les Amérindiens depuis 2 000 ans, est un élément incontournable du patrimoine québécois. Il porte les traces tangibles de la présence de Champlain, de la fondation de Québec, mais aussi de la naissance de la Nouvelle-France et de l'Amérique française.»
En vertu de la Loi sur les biens culturels, les personnes et les groupes intéressés ont trente jours pour faire part de leurs commentaires sur cet avis d'intention de classement à la Commission des biens culturels. Pour sa part, la ministre bénéficie d'un délai d'un an pour inscrire le site historique et archéologique de l'Habitation de Champlain au Registre des biens culturels du Québec.
Un peu d'histoire
Dans les semaines qui suivent son arrivée, à partir de plans qu'il a lui-même tracés, Champlain fait construire une habitation en bois, entourée de fossés et d'une palissade, qui sert de logis et de magasin. À partir de 1624, une seconde habitation, en pierre cette fois, remplace la première. Champlain y réside jusqu'en 1633, alors qu'il s'installe au château Saint-Louis.
Dès lors, l'habitation sert de magasin à la Compagnie des Cent-Associés (1633-1645) et à la Communauté des Habitants (1645-1663), pour ensuite devenir magasin du Roi (1663-1682), avant d'être détruite par un incendie en 1682. À compter de 1687, l'église Notre-Dame-des-Victoires est construite en partie sur ses vestiges.
Au cours des années, ce site a fait l'objet de nombreuses recherches historiques et archéologiques qui ont contribué à constituer une des plus prestigieuses collections d'artéfacts en Amérique du Nord.