Le retour des cours de conduite obligatoires annonce une recrudescence de ces voitures sur nos routes.
Cours de conduite obligatoires: enthousiasme mesuré dans les écoles
La semaine dernière, la ministre des Transports, Julie Boulet, annonçait une série de mesures pour améliorer le bilan routier du Québec dont le retour prochain des cours de conduite obligatoires. Abolis en 1997 en raison du scepticisme du gouvernement quant à leur réelle utilité, ils seront de nouveau obligatoires pour tous les nouveaux conducteurs d'ici environ un an.
Cette décision annonce-t-elle la manne pour les écoles de conduite? Oui et non, rétorque François Lauzière, propriétaire de l'école de conduite Parcours à L'Ancienne-Lorette. «Présentement, nous avons une clientèle heureuse qui sait pourquoi elle prend des cours et qui est convaincue de leur bien-fondé, ce qui risque de ne pas être le cas pour une bonne partie des nouveaux élèves que cette mesure nous apportera. Vous savez, apprendre à conduire un véhicule ne représente que 10% du travail. Il faut aussi apprendre à cerner les dangers potentiels de la route et développer des habiletés de conduite préventive.»
M. Lauzière entrevoit également un problème de recrutement de personnel. «Le prix actuel des cours de conduite ne nous permet pas d'accorder des salaires faramineux à nos moniteurs. Ceux que nous avons le font par passion.»
Hausse de la clientèle, oui, mais élèves moins motivés, moniteurs difficiles à trouver et investissements dans de nouveaux véhicules refroidissent l'enthousiasme de M. Lauzière.
«Par contre, le bilan routier devrait s'améliorer même si on ne règlera jamais complètement le problème, nuance-t-il. Comme le dit le dicton, il faut que jeunesse se passe et malheureusement, certains la passent sur nos routes.»
Du côté des écoles de conduite Tecnic, on réagit avec prudence. «Nous voyons ça d'un bon œil, commente Carole Gagné, directrice générale région de Québec. Par contre, nous ne savons pas de quelle façon ça va s'articuler. Est-ce qu'on va toucher au contenu des cours? Est-ce que le côté théorique sera obligatoire ou seulement le pratique? L'impact de cette décision sur les écoles est difficile à mesurer pour l'instant, mais de prime abord, ça fait notre affaire.»
«Obligatoire ou non, 16 ans c'est trop jeune»
S'il admet que le retour des cours obligatoires ne peut qu'améliorer la situation, Jean-François Poulin, instructeur depuis 15 ans, se demande encore pourquoi l'âge minimum pour l'obtention d'un permis est seulement 16 ans.
«Je suis persuadé que si on augmentait l'âge à 18 ans, on verrait une différence notable sur le comportement routier. Comme accompagnateur, j'offre un encadrement pendant 12 heures et je donne à l'élève tout le bagage nécessaire pour qu'il soit prêt à évoluer sur la route. C'est après que les problèmes surgissent. Ce n'est pas une question d'habiletés, mais bien de comportement.» M. Poulin émet l'hypothèse que des considérations économiques l'emportent peut-être sur la sécurité.
«Il ne faut pas oublier que c'est une responsabilité de conduire une voiture, poursuit-il. Ça prend une certaine maturité que la plupart des jeunes de 16 ans n'ont pas encore.»
Du respect s'il vous plaît
Appelées à se multiplier sur nos routes dans les prochaines années, les autos-école risquent de mettre à l'épreuve la patience de certains conducteurs plus pressés. M. Lauzière aimerait que l'on fasse preuve d'un peu plus de courtoisie à l'égard des élèves. «Vous n'avez pas idée du nombre de fois que l'on se fait doubler à des endroits où c'est interdit. Les élèves au volant ont une confiance à gagner et ce n'est pas en faisant les imbéciles autour d'eux qu'ils vont réussir!»
Renée Lelièvre
Commentaire mis en ligne le 19 juillet 2007Je penses qu'il serait préférable que les jeunes aient leur permis de conduire à l'âge de 18 ans, à cet âge ils sont beaucoup responsable et conscient de la gravité. À 16 ans, ils sont encore à jouer au play station aux autos de course et ils veulent faire pareille dans les rues avec de vraies voitures.