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L'Inox brasse du houblon dans le Vieux-Port depuis 20 ans

Deuxième d'une série sur les microbrasseries de la région

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 10 juillet 2007 à 9:45
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L'Inox brasse du houblon dans le Vieux-Port depuis 20 ans
Pierre Turgeon et ses associés, André Jean et Roger Roy, servent présentement, en plus de leurs cinq bières régulières, la Kermesse, une bière d'inspiration médiévale ne contenant pas de houblon.
L'Inox brasse du houblon dans le Vieux-Port depuis 20 ans
Deuxième d'une série sur les microbrasseries de la région
Depuis maintenant vingt ans, l'une des premières brasseries artisanales du Québec accueille les amateurs de houblon. En plein cœur du Vieux Port de Québec, l'Inox poursuit une tradition brassicole qui remonte au 18e siècle.
De la St. Roc Brewery à la Brasserie Dow, en passant par la Fox Head et la Boswell, la basse-ville de Québec a été témoin de la naissance et de la mort de toute une industrie. Au fil des décennies, les grandes brasseries ont racheté les plus petites et Québec a définitivement perdu sa place au sein de l'industrie avec la fermeture de la Dow en 1968.

Près de vingt ans plus tard, trois passionnés de la bière qui jusque là «brassaient à la maison» reprennent le flambeau et ouvrent l'Inox, première brasserie artisanale de Québec.

«Ça faisait déjà un petit bout de temps que nous avions eu l'idée et dès que la législation l'a permis, on s'est lancé, raconte Pierre Turgeon, l'un des fondateurs. Nous détenons d'ailleurs le deuxième permis du genre décerné au Québec.»

Les débuts, aussi remarquables furent-ils, ont été une période d'apprentissage autant pour les brasseurs que pour les clients. «La réponse a été surprenante, continue M. Turgeon. Nous avons pris une chance et ça a fonctionné. Comme il n'existait pas encore de cours pour apprendre à brasser de la bière, nous avons appris sur le tas et les gens ont apprécié.»

Une anecdote illustre bien à quel point la bière artisanale était à l'époque terra incognita dans le public. «Les clients nous demandaient quelle sorte de bière nous brassions, de la Molson ou de la O'Keefe?, poursuit le brasseur. D'ailleurs, c'était impensable à l'époque d'offrir des rousses ou des brunes. Les gens aimaient les bières quand le goût ne s'éloignait pas trop de celui de la Molson Ex.»

Les temps ont bien changé et ce qui attire la foule à l'Inox est justement la perspective de boire autre chose que des bières commerciales. Et, dans le monde des amateurs de bière, les renommées débordent souvent les frontières. «Outre la clientèle locale, nous accueillons beaucoup de marins. Ça se passe le mot entre les différents équipages des navires de croisière et ils viennent goûter nos bières.»
Réglementation décourageante
Pour se tremper les lèvres dans la mousse d'une bière de l'Inox, une seule solution: franchir les portes de l'établissement du Quai Saint-André. Question de choix et de permis explique Pierre Turgeon. «Nous aimerions bien qu'on puisse repartir d'ici avec une caisse de six bières, mais nous n'avons pas l'espace pour embouteiller. D'ailleurs, notre permis ne nous permet pas de distribuer nos bières ailleurs.»
Il existe en effet au Québec une réglementation distincte entre les brasseries artisanales et les microbrasseries. Les premières doivent vendre leur production pour consommation sur place uniquement tandis que les secondes doivent absolument distribuer et ne peuvent se permettre qu'un salon de dégustation sur place. Les premières peuvent donc servir de la nourriture alors que les secondes non.

Un non-sens selon M. Turgeon. «La réglementation est toute mêlée. Il devrait n'y avoir qu'un seul permis pour tous. Présentement, ça décourage plusieurs personnes de s'impliquer.»

Les choses ne semblent toutefois pas sur le point de changer puisque la volonté politique est plutôt tiède. «Ça fait quinze ans qu'il doit y avoir une refonte de la loi, mais à chaque changement de gouvernement ou de ministre, tout est à recommencer.»

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