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Le 400e de Québec: le dégoût jusqu'à la violence

Article mis en ligne le 20 juin 2007 à 14:30
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Le 400e de Québec: le dégoût jusqu'à la violence
Cette équipe de Québec 2008, qui fait décidément tout ce qui est en son pouvoir, mais vraiment tout, pour éradiquer le sens profondément noble de cette célébration du 400e anniversaire de la première Cité française des Amériques, et ce en réduisant ce moment historique à la plus plate des insignifiances qu'il est possible d'imaginer, cette équipe menée par les Jean Leclerc et les Pierre Boulanger, est vraiment parvenue, à la fin, à me dégoûter.

Le mot ne dépasse même pas ma pensée. Bien au contraire. Je n'en peux plus de constater depuis des mois et des mois, et ce jour après jour, la fulgurante incapacité de ces gens à construire un authentique «Événement» autour de cette occasion historique unique, sans pareille.

Je sens même la violence m'habiter jusque dans mes veines de femme pas plus grosse que trois pommes, quand je ne parviens pas à me convaincre que ce n'est là qu'un rêve, un cauchemar; et que je dois en conséquence - contre toute intelligence, dignité ou honneur - prendre acte du fait que ce fabuleux anniversaire de Québec est organisé par des gens qui ont si peu le sens et la passion du Québec.

Mais faut-il s'en étonner? Car enfin, avec des gens nommés - directement ou indirectement (le résultat est le même) - par un premier ministre du Québec pour qui l'État et le peuple québécois constituent des «catégories» subsidiaires, voire strictement «administratives» au sein du beau grand pays de Jean Pelletier, Stéphane Dion, Stephen Harper ou Denis Coderre, est-il étonnant, en effet, que le Comité Québec 2008 travaillât ainsi avec autant d'énergie à dissimuler, oublier, occulter, nier et, enfin, saboter toute la résonance proprement québécoise de la naissance en 1608 (bien avant l'arrivée des Britanniques, donc, et bien avant l'existence du Canada, aussi) d'une âme française en sol d'Amérique.

Non! Je ne décolère pas face à cette monumentale et coûteuse organisation de propagande par abstention au service d'un déni historique qui n'est pas sans rappeler le soviétisme de défunte mémoire, alors qu'il suffisait d'effacer un visage d'un cliché photographique pour affirmer avec conviction que ledit individu - «nous le jurons solennellement sur la tête d'Ivan le Terrible» - n'a jamais existé.

Québec 2008 constitue rien moins qu'une extraordinaire entreprise de mépris du Québec tout entier. À telle enseigne qu'il est à se demander pourquoi Jean Charest n'en a pas confié la direction à Beryl Wajsman ou à Pierre S. Pettigrew.
Jolière Gauthier, Québec

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Mathilde François

Commentaire mis en ligne le 29 juin 2007

Je ne saurais trop saluer la pertinence de votre intervention, madame Gauthier.

Ce que ces gens-là, de « Québec 2008 », sont en train de faire n'a rien à voir avec Québec (ville), le Québec (État) et la Nouvelle-France, ainsi que tout ce que ces entités charrient comme signification historique, linguistique, culturelle.

Ces gens-là, en effet, s'affairent à constituer une formidable propagande... du Canada.

C'est infect. Infect et profondément malhonnête.

Décidément, M. Jean Charest, premier ministre du Québec, aura tout, mais vraiment tout fait (car cette organisation hautement « politique » du Comité « Québec 2008 » n'est pas, on le devine, tombée du ciel) pour banaliser et affaiblir l'État dont il est pourtant le premier gardien et défenseur.

Je suis également en colère. Les mots me manquent pour exprimer mon dégoût devant tant de malversation et de tromperie. De servilité aussi.

Utiliser l'anniversaire de la cité de Québec - ce symbole de la présence française (puis québécoise) en Amérique - pour faire de la canadianisation tous azimuts, pour faire la promotion d'un pays qui a toujours supporté le Québec le nez bouché (faute d'être parvenu à l'éliminer), eh bien c'est profondément infâme. Et insupportablement avilissant.

Ainsi, quand désormais je lis ou entends les noms de Jean Leclerc et de Pierre Boulanger, j'ai honte. J'ai honte, en effet, que des compatriotes québécois puissent de la sorte fouler aux pieds la dignité et la liberté du peuple auxquels ils appartiennent. Et ce, en sabotant et en sapant tout ce qui est susceptible de révéler sa beauté, sa valeur, son identité. « Québec 2008 » est nulle autre chose qu'une entreprise de dilution de la signification fondamentale de 400e anniversaire.

Bref : « Québec 2008 » a été conçue afin de s'assurer que 2008 ne veuille plus rien dire du tout !

« Québec 2008 » est une « commandite » à la mode Canadian Government qui n'aurait pas reniée les Jean Chrétien, les Jean Pelletier et les Pierre Pettigrew de ce monde.

Messieurs Jean Leclerc et Pierre Boulanger, j'ai honte pour vous.

J'ai honte de vous.

N. St-Gilles

Commentaire mis en ligne le 27 juin 2007

J'abonde sans réserve dans votre sens, Mme Pisier.

Les gens de Québec 2008 s'apprêtent à commémorer ...le « Canada ». Il s'agit d'une insupportable campagne de dénégation de ce que signifie « Québec » (et Nouvelle-France) dans la modernité post Renaissance, d'une part, dans le Nouveau-Monde, d'autre part.

Québec 2008, avec ces Pierre Boulanger et Jean Leclerc, c'est demander au loup de garder le poulailler.

Il faut donc bien comprendre que Québec 2008 est l'instrument de bas étage de notre actuel premier ministre (du Québec !) en vue de rendre Québec même la plus insignifiante possible en regard de l'Histoire, de son rôle en Amérique et de toute son sens civilisateur (notamment en s'opposant au laminage tous azimuts et impérial de la culture anglo-saxonne, laquelle, des Indes à l'Australie, du Kenya au Canada français, détruit de tout temps toute « différence » sur son passage).

Et il faut bien admettre que les États-Unis ont depuis lors bien appris les leçons de Londres...

En un mot : un État qui se tirerait une balle dans la tête n'agirait pas autrement que l'actuel gouvernement de M. Jean Charest (John James de son véritable prénom : pure coïncidence, sans doute...). Aussi ce monsieur a-t-il exprimé on ne peut plus concisément - et il y a de cela déjà quelques années, qui plus est - toute l'immonde saloperie de l'entreprise de disqualification du Québec au nom de la fête même de Québec !! : www.soreltracy.com/liter/2004/avril/24av.html

Plus malhonnête ou Propagande que cela, on s'appelle Jean Chrétien. Ou André Pratte.

Hélène Pisier

Commentaire mis en ligne le 27 juin 2007

Merci beaucoup, madame Gauthier (M. Gélinas aussi).

Votre texte franc et lucide devrait être diffusé à grande échelle.

Notre passivité nationale généralisée nous confine littéralement au suicide collectif. C'est ainsi que des Pierre Boulanger, des Jean Leclerc (et des Jean Charest...) se retrouvent en position de pouvoir sans avoir le temps (ni d'ailleurs la volonté) de nous rendre compte de ce qui nous arrive véritablement.

Il serait plus que temps de nous réveiller. Avant de nous endormir définitivement. Irréversiblement.

Mortellement.

Bien à vous.

Marcelin Gélinas

Commentaire mis en ligne le 26 juin 2007

Cela est dit, bien dit, et comme il se devait d'être dit.

Le Comité Québec 2008, on ne peut plus en douter un seul instant désormais, est une équipe constituée dans le but de banaliser au maximum tout ce qu'il a mandat de... mettre en valeur.

Et vous avez parfaitement raison jusque dans votre finale, Mme Gauthier : on aurait demandé à Stéphane Dion, Clyde Wells ou André Pratte (de « La Presse « / « Gesca ») de gérer ce fabuleux anniversaire que ça n'aurait pas fait un pli sur la différence quant à la manière et les objectifs.

Il faut vraiment le faire, quand on y pense. Faire de ce moment historique unique - le 400e anniversaire de la première ville française des Amériques - une entreprise systématique d'oubli, de déni, de banalisation et d'élimination de tout le sens profondément historique et national de l'Événement - l'Événement de l'avénement d'une peuple français en Amérique.

C'est répugnant à dégobiller un travail de sape de cette nature. À dégobiller tous les repas consommés par ce peuple même ces quatre cent années durant.

Messieurs Leclerc et Boulanger, vous incarnez les chevaux de Troie du Canada au saint des saints du peuple québécois.

Aussi l'Histoire ne vous pardonnera jamais l'invraisemblable Échec que vous vous apprêtez avec minutie à élaborer - telle une toile d'araignée qui insidieusement enrobe sa proie sans que celle-ci ne puisse se douter du subterfuge qui se poursuit à pas lents.

Que répondre à une entreprise aussi dénaturée et dénaturante de tout ce qu'incarne Québec - Québec la Capitale, Québec l'État, Québec comme vision superbe du monde dans sa spécificité incomparable eu égard à tout le reste de l'Amérique, cette Amérique impérieusement et impérialement anglo-saxonne. Et incapable dans son extraodinaire arrogance, à commencer par le Canada, de tolérer la différence en son sein.

Que répondre, en effet, Messieurs Leclerc et Boulanger ? Sinon le plus franc des mépris de l'être noble devant l'innommable bassesse de la petite politique partisane (quant au statut constitutionnel du Québec). Bassesse que madame Gauthier identifie avec raison comme le carburant d'un répugnant ouvrage de « propagande et de déni ».

Fût-il par abstention.

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