Le 400e de Québec: le dégoût jusqu'à la violence
Cette équipe de Québec 2008, qui fait décidément tout ce qui est en son pouvoir, mais vraiment tout, pour éradiquer le sens profondément noble de cette célébration du 400e anniversaire de la première Cité française des Amériques, et ce en réduisant ce moment historique à la plus plate des insignifiances qu'il est possible d'imaginer, cette équipe menée par les Jean Leclerc et les Pierre Boulanger, est vraiment parvenue, à la fin, à me dégoûter.
Le mot ne dépasse même pas ma pensée. Bien au contraire. Je n'en peux plus de constater depuis des mois et des mois, et ce jour après jour, la fulgurante incapacité de ces gens à construire un authentique «Événement» autour de cette occasion historique unique, sans pareille.
Je sens même la violence m'habiter jusque dans mes veines de femme pas plus grosse que trois pommes, quand je ne parviens pas à me convaincre que ce n'est là qu'un rêve, un cauchemar; et que je dois en conséquence - contre toute intelligence, dignité ou honneur - prendre acte du fait que ce fabuleux anniversaire de Québec est organisé par des gens qui ont si peu le sens et la passion du Québec.
Mais faut-il s'en étonner? Car enfin, avec des gens nommés - directement ou indirectement (le résultat est le même) - par un premier ministre du Québec pour qui l'État et le peuple québécois constituent des «catégories» subsidiaires, voire strictement «administratives» au sein du beau grand pays de Jean Pelletier, Stéphane Dion, Stephen Harper ou Denis Coderre, est-il étonnant, en effet, que le Comité Québec 2008 travaillât ainsi avec autant d'énergie à dissimuler, oublier, occulter, nier et, enfin, saboter toute la résonance proprement québécoise de la naissance en 1608 (bien avant l'arrivée des Britanniques, donc, et bien avant l'existence du Canada, aussi) d'une âme française en sol d'Amérique.
Non! Je ne décolère pas face à cette monumentale et coûteuse organisation de propagande par abstention au service d'un déni historique qui n'est pas sans rappeler le soviétisme de défunte mémoire, alors qu'il suffisait d'effacer un visage d'un cliché photographique pour affirmer avec conviction que ledit individu - «nous le jurons solennellement sur la tête d'Ivan le Terrible» - n'a jamais existé.
Québec 2008 constitue rien moins qu'une extraordinaire entreprise de mépris du Québec tout entier. À telle enseigne qu'il est à se demander pourquoi Jean Charest n'en a pas confié la direction à Beryl Wajsman ou à Pierre S. Pettigrew.
Jolière Gauthier, Québec
Mathilde François
Commentaire mis en ligne le 29 juin 2007Je ne saurais trop saluer la pertinence de votre intervention, madame Gauthier.
Ce que ces gens-là, de « Québec 2008 », sont en train de faire n'a rien à voir avec Québec (ville), le Québec (État) et la Nouvelle-France, ainsi que tout ce que ces entités charrient comme signification historique, linguistique, culturelle.
Ces gens-là, en effet, s'affairent à constituer une formidable propagande... du Canada.
C'est infect. Infect et profondément malhonnête.
Décidément, M. Jean Charest, premier ministre du Québec, aura tout, mais vraiment tout fait (car cette organisation hautement « politique » du Comité « Québec 2008 » n'est pas, on le devine, tombée du ciel) pour banaliser et affaiblir l'État dont il est pourtant le premier gardien et défenseur.
Je suis également en colère. Les mots me manquent pour exprimer mon dégoût devant tant de malversation et de tromperie. De servilité aussi.
Utiliser l'anniversaire de la cité de Québec - ce symbole de la présence française (puis québécoise) en Amérique - pour faire de la canadianisation tous azimuts, pour faire la promotion d'un pays qui a toujours supporté le Québec le nez bouché (faute d'être parvenu à l'éliminer), eh bien c'est profondément infâme. Et insupportablement avilissant.
Ainsi, quand désormais je lis ou entends les noms de Jean Leclerc et de Pierre Boulanger, j'ai honte. J'ai honte, en effet, que des compatriotes québécois puissent de la sorte fouler aux pieds la dignité et la liberté du peuple auxquels ils appartiennent. Et ce, en sabotant et en sapant tout ce qui est susceptible de révéler sa beauté, sa valeur, son identité. « Québec 2008 » est nulle autre chose qu'une entreprise de dilution de la signification fondamentale de 400e anniversaire.
Bref : « Québec 2008 » a été conçue afin de s'assurer que 2008 ne veuille plus rien dire du tout !
« Québec 2008 » est une « commandite » à la mode Canadian Government qui n'aurait pas reniée les Jean Chrétien, les Jean Pelletier et les Pierre Pettigrew de ce monde.
Messieurs Jean Leclerc et Pierre Boulanger, j'ai honte pour vous.
J'ai honte de vous.