Stephen Harper courtise le Québec, mais est-ce bien utile?
Les Québécois s'entendent pour affirmer que le Parti Conservateur a réussi à se faufiler à la barre de la Chambre des Communes, grâce au coup de pouce des électeurs de la région de Québec. Les Libéraux ont été punis pour le «scandale des commandites» et les Conservateurs se sont vus offrir une sorte de «beau risque», malgré qu'ils nous paraissent encore étranges et suspectes dans leurs positions vis-à-vis le Québec.
Le dernier budget Flaherty est d'un manque flagrant d’imagination et n'a rien pour pour susciter un quelconque engouement. Les Canadiens espèrent toujours de voir les finances publiques progresser vers une meilleure sobriété, un meilleur assainissement et ils attendent de véritables allégements fiscaux, pour enfin jouir d’un meilleur pouvoir d’achat, au lieu de se voir souvent sournoisement surimposés continuellement par l’État. Les aînés ne sont toujours pas rassurés parce que M. Harper a très hâte de pouvoir «pigrasser» dans les pensions, advenant qu'il soit majoritaire un jour, comme le voulait jadis son prédécesseur Brian Mulroney.
M. Harper continue, à protéger le monde industriel, comme le fait son homologue Georges-W Bush, pour ne pas donner toute la crédibilité voulue à Kyoto. Se faisant, il aura laissé une marque peu reluisante, dans le concert des nations, en étant incapable de prendre les bons moyens pour nous protéger des aléas des changements climatiques et de la qualité de l’air que nous respirons. Notre réputation à l’étranger a été affaiblie outrageusement par l’entêtement de ce Gouvernement néo-conservateur à ne pas s’investir et à nier l’ampleur du problème des changements climatiques.
Que dire maintenant de l’improvisation d'un ministre de la Défense, incapable de bien soutenir une Armée et l’envoyer littéralement à l’abattoir dans l’enfer des Talibans. Au plan culturel, les Conservateurs auront démontré, qu’à l’égard des francophones de tout le pays, ils ne sont pas prêts à leur donner de l’oxygène, tout au plus, ils pratiquent à l’occasion quelques séances de respirations artificielles pour échapper au déshonneur. Concernant la sécurité, ce Gouvernement a fait bonne figure, auprès des vendeurs d’armes, mais les craintes des citoyens sur le contrôle de ces armes, ne reçoivent aucune espèce d’attention de la part du Premier ministre. Notre première police du pays a presque perdu la confiance du public par des allégations d’irrégularités, dans les régimes de retraite et dans la gouvernance, sous l’ancien chef qui a démissionné depuis.
Quand ce Gouvernement minoritaire sera défait ou se défera, selon l’éventualité on imagine à la fin de cet automne, il restera aux citoyens du Québec à revoir leur stratégie d’électeur. On peut toujours gagner au change en ne mettant pas tous nos œufs dans le même panier. Il nous faut encore donner au Bloc la force nécessaire pour se faire entendre, mais cette fois il serait bon de faire une place à des candidats ou candidates portant la bannière du Nouveau-Parti-Démocratique. Les gens du NPD n’ont jamais «chiqué la guenille» pour nous parler dans notre langue, contrairement aux Conservateurs qui ont été passablement mesquins par le passé. Monsieur Harper ne voulait rien savoir de parler notre langue et ce n’est que lorsqu’il a senti qu’il pouvait devenir un jour le PM du Canada, qu’il a fait l’effort d’apprendre le français. Les libéraux pourraient reprendre des comtés perdus, car leur pénitence devrait s'achever. Stéphane Dion, est impopulaire et malgré qu’il soit encore détesté, il est considéré honnête malgré tout. Les Conservateurs vont certainement perdre leurs acquis au Québec avec leur bilan de misère, à moins que d’ici le déclenchement des prochaines élections, l'équipe de Stephen Harper se montre BEAUCOUP PLUS ALLÉCHANTE pour mériter le vote de confiance des Québécois.
D’ici là, le Nouveau Parti Démocratique pourrait faire une percée « étonnante » en se faisant de plus en plus d’adeptes qui pourraient faire de la «rose rouge» du NPD, un nouvel emblème pour plusieurs comtés du Québec. Le Parti de Jack Layton se prépare déjà à mieux expliquer ses politiques et il devrait récolter plus de suffrage d'ici au prochain scrutin. Les Québécois, eux, doivent continuer à demeurer de fins renards dans leurs stratégies d'électeurs, s’ils veulent faire avancer des dossiers qui ne seront jamais faciles à traiter ou à négocier dans un régime fédéral. Il est donc temps pour le NPD de monsieur Layton de faire une véritable remontée au Québec. Tout compte fait, la philosophie de cette formation politique semble beaucoup plus près des aspirations des Québécois que celles des Conservateurs et même des Libéraux. Jack Layton pourrait bien profiter de l'été pour suivre les traces de monsieur Harper et faire aussi son devoir de nous courtiser.
Gilles Pelletier, Québec
N. St-Gilles
Commentaire mis en ligne le 29 juin 2007Échec sur échec. Voilà, ce me semble, le rapport continu qui perdure entre le Québec et le Canada.
Or, qu'il y ait toujours des gens pour penser que l'avenir réside dans la continuité dans une enceinte unique de ces deux entités politiques et nationales dépasse à mes yeux tout entendement. Combien faut-il d'échecs avant de tirer les conclusions qui s'imposent ? Deux, trois, quatorze ou quatorze mille ???
Nous ne sommes plus du tout dans une dynamique de résolution de quoi que ce soit. Nous sommes au contraire dans une dynamique dangereuse où les frustrations s'accumulent constamment. L'entêtement béat des fédéralistes comme vous, MM. Côté et Blanchette, c'est tôt ou tard la violence assurée.
Quand ça ne fonctionne pas, il faut avoir la décence, l'intelligence et la sagesse de tirer un trait. Agir autrement constitue une obstination aveugle qui ne pourra générer que le pire. Tôt ou tard.
Que faut-il donc chez ces gens-là pour comprendre que nous perdons notre temps, notre énergie, notre argent, sans compter que le respect mutuel, en tel climat, s'étiole chaque jour un peu plus (si tant est qu'il y eut jamais un véritable respect des Canadiens à l'égard des Québécois : il suffit, de Halifax à Calgary, de Toronto à... Mount Tréal, de lire leurs journaux chaque jour...) ? Que faut-il donc pour comprendre à la fin ? Une guerre civile ???
Quittons-nous - Canadians et Québécois - avant que nous en arrivions à nous arracher les yeux. Là réside à mon sens la véritable sagesse. Nous sommes de piètres amants, soyons alors de bons amis. Et chacun chez soi. Et nous nous rencontrerons dans des dossiers ponctuels, d'égal à égal.
D'égal à égal.
Comme de grands, de vrais amis, qui ne songeraient jamais un instant - idée hautement saugrenue à l'esprit de chacun d'eux - à vivre ensemble...
Oui. D'égal à égal.
Cette égalité des peuples et des nations que le Canada n'a jamais, jamais, voulu accepter. Et qu'il n'acceptera jamais. Même lorsque strictement symbolique. Même lorsque ça ne veut rien dire du tout au plan constitutionnel et politique.
Le Canada est un pays profondément malade. Il s'agit d'un individu schizophrène : il ne supporte pas plus la présence du Québec en son sein qu'il ne se résout à l'idée de le laisser partir.
Aussi, aidons le Canada dans sa terrible maladie. Et quittons les lieux, enfin. Et faisons notre propre pays français en Amérique.
Dans quelques années, sinon quelques mois, le Canada nous en sera profondément reconnaissant.
Reconnaissant. Assurément. Comme chez un vieux couple qui était devenu trop veule pour prendre les grands moyens de mettre fin à leur vie de tristesse, de monotonie et de frustration, celui qui aura osé briser les liens (alors devenus « liens » d'obstruction, de domination ou d'inféodation de l'un des deux sur l'autre) fera ensuite l'objet de toutes les reconnaissances.
Le respect et la liberté, c'est aussi savoir ne pas s'entêter dans des sentiers sans issue.
Le Canada, l'Amérique, voire l'humanité tout entière, seront tous les bénéficiaire de la formidable dynamique instaurée par un nouveau peuple fort de sa capacité à ouvrir toute grandes ses ailes.
Un peuple libre ne vit pas dans la frustration, le ressentiment et la rancune. Ni dans la terrible perte quotidienne d'énergie à se maintenir tout simplement debout dans une organisation sociale qui constitue un combat de tous les instants pour sa simple survie.
Un peuple libre a envie de mettre au monde toute la beauté et la grandeur qu'il se sait avoir dans le ventre, dans la tête, dans le coeur.
L'Indépendance du Québec, je suis convaincu que l'Histoire nous le révélera (à nos enfants et à nos petits-enfants), aura été un moment charnière d'une nouvelle donne mondiale. Celui qui aura redonné confiance - contre le laminage universel de l'argent et de la monoculture culturelle et linguistique - à la capacité de la communauté mondiale à laisser place à la beauté et à la fabuleuse énergie de la différence des hommes et des peuples dans l'ensemble planétaire.
Le monde a besoin des Québécois. Pas des « French Canadians » sempiternellement entassés dans un coin au Nord-Est des Amériques, en colère permanente de ne pas pouvoir s'oxygéner à pleins poumons.
Le Canada a fait son temps. Il est devenu une voie sans issue. S'entêter à perpétuer ce qui est mort constitue un acte à la fois vain, destructeur et profondément inintelligent.
Messieurs les fédéralistes à outrance, et contre toute logique historique, pourquoi êtes-vous si effrayés par cette valeur fondamentale chevillée au coeur de tout être humain, d'une part, et de tout peuple digne de ce nom, d'autre : La Liberté ???
Car le choix ultime se pose en ces termes-là, et nuls autres : Liberté québécoise ou Inféodation québécoise plus ou moins larvée (et suicidaire à terme) dans le système canadien.
Trente ans d'information, de réflexion et d'analyse m'ont, pour ma part, menés à la conclusion suivante :
Nous, Québécois, vivrons hors Canada. Ou nous mourrons en lui.
Il n'y a plus de voie médiane.
Si tant est qu'il n'en eût jamais une.