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Les affiches "Nous embauchons!" se multiplient

Éric Boucher par Éric Boucher
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Article mis en ligne le 23 juin 2007 à 8:14
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Les affiches
Une réalité pour beaucoup de commerces de secteurs d'emplois saisonniers non spécialisés.
Les affiches "Nous embauchons!" se multiplient
Presque tous les secteurs d'emploi sont, ou seront touchés, par la pénurie de main-d'œuvre à Québec. Les secteurs d'emploi saisonnier non spécialisés le sont particulièrement.
L'industrie touristique : hôtelière et de la restauration en tête, cherche des employés. Contrairement à d'autres secteurs où la pénurie de main-d'œuvre est surtout liée aux départs à la retraite des baby-boomers, c'est plutôt la volatilité de la main-d'œuvre qui en est la cause première.

Brian Aubé est directeur général de l'Association hôtelière de la région de Québec. "Notre problème est d'attirer les jeunes et de les convaincre de rester avec nous. Les jeunes de 25 ans et moins forment 40 % de la main-d'œuvre, ils perçoivent souvent le milieu comme un de transition pendant leurs études", explique-t-il.

De l'avis de M. Aubé, l'industrie devra faire de sérieux efforts afin de conserver sa main-d'œuvre, en offrant par exemple, de la formation continue pour contrer la pénurie, en croissance depuis quelques années. "Les possibilités d'avancement devraient être prioritairement offertes aux gens à l'interne, fait-il encore valoir. Les jeunes veulent avoir l'impression qu'il y a possibilité de progresser dans l'industrie. On doit leur donner les outils pour le faire."
Des restaurateurs ingénieux
Avant de fidéliser les employés à un secteur, il faut d'abord les y attirer. La moitié des emplois du milieu touristique de Québec sont dans la restauration. Nicole Moore de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) explique que personne chez elle n'a encore trouvé "la recette miracle" pour recruter des employés compétents. "Si quelqu'un l'a trouvée, il la garde secrète", blague-t-elle. Selon elle, certains restaurateurs offriraient des bonis (jusqu'à 500$) ou même un iPod à leurs employés qui recommandent de bons candidats. Le problème n'est pas de trouver des candidats, mais de trouver des candidats d'expérience, fonctionnels dès l'embauche.
Le restaurant le Piolet sur la rue Racine pourrait bien détenir une piste de solution. David Boivin est directeur général de l'entreprise dont le mandat premier est la réinsertion sociale. Une formation y est offerte aux 18-35 ans. Elle vise les jeunes qui ne possèdent pas de diplôme d'études secondaires, ni d'expérience d'emploi. "Ce bassin est important, mais les employeurs hésitent à leur donner leur première chance en emploi. C'est ce que fait le Piolet", explique M.Boivin.

Les jeunes, dont l'âge moyen se situe autour de 22 ans, s'y engagent pour une période de 28 semaines où ils seront rémunérés. Ils apprendront alors le métier d'assistant-cuisinier ou d'aide-serveur en plus de développer des aptitudes sociales et communicationnelles. Lorsqu'ils se présenteront chez les restaurateurs quelque sept mois plus tard, ils auront une carte de plus dans leur manche et plus de confiance en eux croit M.Boivin.

Les futurs employeurs ont également la possibilité de les recevoir sans frais pour un stage de deux semaines à la fin de leur formation.Selon M. Boivin, des restaurateurs pourraient gagner à appliquer des formules similaires de la "première chance" à ces employés "pas nécessairement rentables immédiatement", mais qui pourraient être beaucoup plus fidèles dans la durée à leurs employeurs. Les gouvernements y trouveraient certainement leur compte aussi et pourraient assumer une partie du coût de la période de formation.
Dans les champs aussi
Valérie Lemelin, exploitante agricole de L'île d'Orléans, a été confrontée elle aussi au manque de main-d'œuvre. Ce printemps, elle a dû faire venir des cueilleurs de l'étranger, cinq Guatémaltèques qu'elle doit loger.

Contrairement à la croyance populaire, la main-d'œuvre étrangère de Mme Lemelin lui coûte plus cher que la main d'œuvre québécoise."Je dois respecter toutes les normes du travail : salaire minimum, congés parentaux, normes d'hébergement sévères; je n'ai pas le choix, les Québécois veulent de moins en moins occuper ces emplois", estime-t-elle.
Avec le prolongement de la saison de cueillette, en raison de nouvelles cultures d'automne, les agriculteurs se retrouvaient systématiquement sans main d'œuvre lors de la rentrée scolaire.

L'embauche de travailleurs étrangers se généralise chez les agriculteurs de l'île. "Les cueilleurs québécois réguliers sont de moins en moins disponibles et fiables. De plus en plus de possibilités d'emploi et de contrat s'offrent à eux durant l'été", conclut Mme Lemelin.

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