Les travaux prévus en 2008 permettront de doubler la superficie de production et l'espace d'entreposage réduisant ainsi les risques de rupture de stock en haute saison.
Poussée de croissance à La Barberie
Dix ans après avoir brassé sa première bière, La Barberie est en pleine croissance et se donne les moyens de conquérir les régions du Québec.
Dans une industrie relativement stable depuis cinq ou six ans, la microbrasserie du quartier Saint-Roch prend tous les moyens pour conquérir les palais québécois. «Depuis quatre ans, nous avons une croissance moyenne annuelle de 30%, affirme Bruno Blais, directeur général de La Barberie. L'an prochain, nous doublerons notre superficie de production et ajouterons quatre fermenteurs qui feront passer notre capacité de brassage de 4000 hectolitres par semaine à 6000 ou 7000 hectolitres.»
Un des plus grands obstacles à la croissance d'une microbrasserie sera également levé dans les prochains jours. Une coopérative de distribution regroupant quelques partenaires dont La Barberie entrera en service cette semaine.
«Jusqu'à maintenant, chaque microbrasserie devait développer son propre réseau de distribution, explique M. Blais. C'était donc très difficile de rejoindre la clientèle des régions. La coopérative permet de partager les coûts, d'améliorer le service à la clientèle et surtout d'augmenter notre pénétration du marché.»
Cette coop permettra également de concurrencer plus efficacement les bières d'importation. Car si les parts de marché des microbrasseries sont stables à 4% depuis quelques années, celles des importations sont passées de1% à près de 12%.
«Ces produits ont bénéficié des réseaux de distribution des bières commerciales et ont pu s'établir rapidement, constate le directeur général de La Barberie. Toutefois, à l'Association des microbrasseries, nous croyons être en mesure d'accaparer 12% du marché québécois d'ici 10 ans.»
Une belle découverte
Si l'industrie envisage une telle croissance, c'est que l'intérêt est présent chez les amateurs. «On dirait que depuis une vingtaine d'années, les Québécois ont découvert qu'ils ont des papilles gustatives, lance M. Blais. C'est vrai pour les bières, comme pour les fromages, le vin et les viandes. Les gens sont curieux et veulent essayer des nouvelles choses.»
Et, les microbrasseurs ne demandent pas mieux. D'essentiellement urbain, il y a dix ans, le phénomène s'étend partout sur le territoire. «On peut maintenant parler d'industrie, affirme M. Blais. Il y a des microbrasseries qui ouvrent partout dans les régions et, parallèlement, rendent possible l'ouverture de micromalteries et de houblonnières. Nous pourrons d'ailleurs bientôt offrir de véritables bières du terroir.»
Signe qui ne ment pas, les brasseurs commerciaux tentent d'investir ce créneau. Bruno Blais met d'ailleurs en garde les amateurs contre certains nouveaux produits. «Labatt lance une nouvelle bière, la Saint-Urbain, en la faisant passer pour une bière de microbrasserie. C'est une supercherie, c'est incroyable. Il faut que les consommateurs soient au courant de ces tactiques.»
Au salon de dégustation de La Barberie cet été…
- Une blonde au chardonnay, brassée spécialement pour le dixième anniversaire de La Barberie
- Une blanche au miel et agrumes
- Une pale-ale lime et framboise
- Une sangri-bière, succès instantané de l'été, forte en alcool et parfumée au moût de raisin, elle est servie en pichet