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Université Laval: priorité au déficit

Le nouveau recteur Denis Brière cherche de nouvelles sources de revenus

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Article mis en ligne le 8 juin 2007 à 11:00
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Université Laval: priorité au déficit
Le nouveau recteur de l’Université Laval, Denis Brière, lors de son élection le mois dernier. (Photo: archives, François Simard)
Université Laval: priorité au déficit
Le nouveau recteur Denis Brière cherche de nouvelles sources de revenus
Le nouveau recteur de l’Université Laval, Denis Brière, en poste depuis le début du mois, fait de la lutte au déficit sa priorité.
Dans le contexte où l’Université de Montréal se dirige vers un déficit record de 19 M$ et que l’Université du Québec à Montréal s’enfonce avec des dépassements de coûts astronomiques dans le cadre de la construction de nouveaux pavillons, M. Brière se dit bien conscient que la question des revenus et du sous-financement occuperont une large part de son temps et de ses énergies au cours de son mandat de cinq ans.

«Cette année, notre déficit a augmenté de 10%, à environ 12 M$, résume M. Brière. Je veux arrêter l’accroissement du déficit qui a cru de façon régulière, depuis 10 ans. C’est mon principal défi. Je pense qu’on peut le réduire de quatre à cinq millions d’ici la fin de mon mandat.»

Faudra-t-il faire une place plus grande au privé pour accroître les sources de revenus de l’université? Denis Brière n’a pas caché, avant son élection, que le privé sera appelé à en faire plus, mais pour faire taire les critiques qui lui reprochent déjà de courtiser les Pepsi et autres compagnies de ce monde, il propose la formation d’un comité de travail qui se penchera sur l’éthique dans les relations entre l’université et le secteur privé.

Un autre comité veillera pour sa part à trouver des solutions pour résorber, sinon freiner le déficit, sans compter une solution pour faire diminuer le déficit accumulé de près de 125 M$ que M. Brière voudrait ramener à moins de 100 M$ d’ici cinq ans.

Il envoie au passage une flèche à son prédécesseur en déclarant: «Dans le moment, il n’y a aucune action concrète qui est prise pour résorber le déficit et moi je veux en prendre.»
Encadrer et accroître l’apport du privé
D’ailleurs, dit-il en entrevue depuis son bureau de la Tour de l’Éducation, la contribution des entreprises doit être encadrée: «Dans le cas du privé, je pense qu’il ne faut pas le faire à n’importe quel prix. Il faut respecter les valeurs de l’Université Laval.»
«Il faut augmenter nos revenus d’une façon ou d’une autre. On n’y échappe pas. Je ne pense pas que le ministère de l’Éducation puisse générer assez de financement pour régler le sous-financement des universités. Alors, il faut aller vers d’autres sources de revenus. C’est sûr qu’il y a d’autres ministères que l’Éducation, autant à Québec qu’à Ottawa, avec lesquels on peut développer des relations. Par exemple, Développement économique Canada a investi 20 M$ sur trois ans pour des projets spécifiques de recherche. Dans ce cas-là, il y avait aussi une portion pour l’enseignement et des bourses pour les étudiants.»

Les investissements provenant des entreprises pourraient venir, par exemple, «du Fonds pour le développement de la main-d’œuvre qui a des surplus, explique M. Brière. Je pense que la formation continue, on peut vraiment aller chercher des fonds qui n’ont aucun lien avec des priorités de recherche que le privé pourrait avoir.»

Selon Denis Brière, Ottawa doit faire sa part. «Le fédéral, au niveau de l’éducation postsecondaire, n’a pas été très généreux. Les fonds vont commencer à entrer seulement en 2008-2009. Je pense qu’on devrait être un peu plus agressif dans nos représentations pour augmenter les fonds alloués par les deux gouvernements. C’est une solution globale qu’il faut apporter. Les étudiants, c’est beau, mais il n’y a pas qu’eux. On ne réglera pas le sous-financement des universités en augmentant uniquement les frais de scolarité.»
L’éducation, un investissement
Denis Brière dit être «agressé» quand les politiciens placent santé et éducation dans le même panier: «La santé, c’est une dépense, et l’éducation, c’est un investissement direct avec de grandes retombées. Le Québec ne serait pas là où il est au point de vue du développement technologique, il n’attirerait pas les compagnies de haute technologie sans les universités.»
Les revenus de l’université, qui proviennent du financement gouvernemental établi en fonction du nombre d’étudiants, a occasionné une baisse des revenus de 2 M$ cette année en raison d’une diminution de la population étudiante de 1,3%, à quelque 37 000 étudiants, dont 10% qui proviennent de l’étranger.

D’ailleurs, une autre solution pour hausser les revenus de l’Université Laval concerne le recrutement d’étudiants à l’international, avec l’objectif admis d’accroître leur nombre de 2 à 3% par année.
Des pavillons au nom des entreprises: le recteur n’aime pas ça
Le recteur n’a rien contre les noms de pavillons qui rendent hommage à des hommes d’affaires ou personnalités à titre posthume, mais il est moins à l’aise dans le cas de pavillons au nom d’entreprise.

«Je ne dis pas non à tout jamais, mais c’est délicat de nommer un édifice d’après un nom de compagnie qui peut faire faillite demain matin ou disparaître. Aux États-Unis, les pavillons sont renommés tous les dix ans. C’est peut-être intelligent, mais je pense qu’on aurait de la misère à attirer des contributions du privé ou de fondations si on disait que c’est limité à 10 ans dans notre contexte à nous.»
Les dossiers du nouveau recteur…
Créer un comité de travail sur l’éthique dans les relations avec le privé

Créer un comité pour freiner le déficit et diminuer le déficit accumulé

Accroître le nombre d’étudiants étrangers

Construire de nouvelles résidences étudiantes

Construire de nouvelles installations de 74 M$ au PEPS
L’Université Laval en chiffres…
Nombre d’étudiants (2006-2007): 37 901

Nombre de diplômés émis en 2006: 9233

Nombre de facultés: 17

Nombre de départements et écoles affiliées: 60

Nombre de programmes: 385

Sommes allouées à la recherche (2005-2006): 240 M$

Fonds de fonctionnement (2005-2006): 436 M$

Employés réguliers (juin 2006): 5657

Professeurs: 1555

Chargés de cours et personnel enseignant et de recherche: 2040

Personnel administratif et de soutien: 2062

Retombées directes (2003-2004): 787 M$

Retombées liées à la présence des étudiants: 211 M$

Achat de biens et services: 111 M$

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