Les membres sortants du conseil de quartier de Lac-Saint-Charles attribuent leur démission notamment à l’ingérence du conseiller de Lac-Saint-Charles, Jacques Teasdale.
Démission en bloc au conseil de quartier de Lac-Saint-Charles
L’ingérence du conseiller de Lac-Saint-Charles, Jacques Teasdale, serait à l’origine de la démission de quatre membres du conseil de quartier de Lac-Saint-Charles en mai dernier. C'est du moins ce qu'allèguent les membres démissionnaires.
Le conseil de quartier de Lac-Saint-Charles a subi une sérieuse amputation en mai dernier alors que quatre de ses membres féminins ont tiré leur révérence arguant que ce départ n'était pas étranger au comportement du conseiller Jacques Teasdale.
«Présentement, tout me porte à croire que le conseil de quartier de Lac-Saint-Charles se transforme graduellement en comité exécutif de l’élu, écrit l’ex-présidente, Marjorie Ménard, dans sa lettre de démission. Bien que plusieurs dossiers aient grandement progressé depuis l’élection de ce dernier, je crois fermement que le conseil de quartier doit être le lien entre la population et l’administration municipale et non le contraire.»
Même son de cloche de la part d'une autre membre démissionnaire. «Je considère qu’il y a ingérence politique de la part du conseiller municipal dans ce conseil de quartier qui est censé être apolitique, écrit quant à elle Sylvie LaRose. Pour ma part, il est important que ma contribution citoyenne demeure indépendante des partis politiques, mais je constate que ce n’est pas le cas dans la présente situation.»
Outre le malaise provoqué par le sentiment d'ingérence politique, les membres démissionnaires dénoncent l'impact négatif que cette situation de conflit occasionne dans les relations avec le milieu. «Depuis la présentation du Plan d’actions du comité technique pour la protection du lac Saint-Charles, formé par la ville de Québec, il existe un conflit évident entre différents organismes, précise Mme Ménard. Le conseil de quartier s’est efforcé de demeurer à l’écoute de tous, de conserver sa neutralité et de mobiliser ces organismes. Cette tâche devient de plus en plus difficile puisque, lors des séances de travail, des opinions fermes de contestation sont formulées.»
Aux dires des membres démissionnaires, une partie du conflit reposerait sur la remise en cause par le conseiller de Lac-Saint-Charles des dépenses de frais de garde réclamées alors qu'un règlement déclarant ces dépenses admises avait été adopté à l'unanimité par le conseil d'administration.
«Le remboursement des frais de garde est une des dépenses admises dans les règlements généraux de tous les Conseils de quartier et cette pratique est régulière et courante dans la plupart des organismes qui s'appuient sur la participation de bénévoles, se défendent les membres sortantes. Par ailleurs, en voulant remettre en cause ces dépenses, le conseiller Teasdale fait la claire démonstration de son ingérence au sein du conseil d'administration du Conseil de quartier. Cette situation de conflit et un climat de confrontation sont d'ailleurs les principales raisons de la démission des quatre membres du conseil d'administration.»
La version de Teasdale
Pour sa part, le conseiller Jacques Teasdale attribue la démission des quatre membres à l'explosion des dépenses lors de la tenue des séances régulières du conseil de quartier.
«Quand le conseil de quartier dispose d'un budget annuel de 1500 $ et que les dépenses s'élèvent à 2000 $, il y a un problème, réplique-t-il. J'étais d'accord pour les dépenses de frais de garde, mais pas pour toutes les dépenses. Quand les séances se tiennent à 18 h 30, pour moi ça implique qu'il faut avoir soupé…»
Déplorant la démission des quatre membres, le conseiller Teasdale avoue toutefois en avoir assez avec les accusations d'ingérence qui pèsent sur lui. «Surtout que je n'avais pas le droit de vote sur rien, se défend-il. De toute façon, je calculais que le conseil de quartier, c'était une perte de temps. J'aime autant mieux que les gens viennent directement à mon bureau.»