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Moins de cravates aux danseuses

L'opération Scorpion a refroidi les gens d'affaires

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 2 juin 2007 à 16:12
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Moins de cravates aux danseuses
Les investisseurs de Québec peuvent dormir sur leurs deux oreilles. La communauté d'affaires de la région est beaucoup plus frileuse que Vincent Lacroix quand vient le temps de faire de la représentation.- (Photo Jean Pascal Lavoie)
Moins de cravates aux danseuses
L'opération Scorpion a refroidi les gens d'affaires
Le procès de Vincent Lacroix, ex-P.D.G. de Norbourg, a permis d'apprendre que celui-ci tenait beaucoup de réunions d'affaires dans les bars de danseuses. Une pratique courante dans le monde des affaires s'est défendu le principal intéressé. Peut-être il y a quelques années rétorquent les tenanciers de la région, mais beaucoup moins aujourd'hui.
Au Cabaret Carol, la propriétaire assure que si des gens d'affaires font partie de sa clientèle, ils ne sont pas la norme. «Nous avons une clientèle très éclectique, explique Céline Gagnon. Dans les années 80, c'était plus fréquent d'accueillir des représentants. Maintenant, on en voit de moins en moins. Il faut dire que les comptes de dépenses des gens d'affaires sont beaucoup plus surveillés qu'auparavant.»

Un représentant pharmaceutique confirme que cette pratique n'est pas monnaie courante dans son domaine. «Personnellement, il ne me viendrait jamais à l'idée d'amener un client dans un bar de danseuses, dit-il en riant. Nos comptes de dépenses sont régis par des règles très strictes et le seul endroit où nous pouvons inviter un client, c'est au restaurant. Et encore, la facture est limitée à 100 $, taxes, vin et pourboire inclus!»

Du côté du Lady Mary Ann, c'est la clientèle touristique qui prédomine. «C'est certain qu'il y a beaucoup de gens d'affaires, précise Johanne Dolbec, propriétaire des lieux. Mais il y en a au moins autant qui viennent de l'extérieur que de la région. D'ailleurs, en été notre chiffre d'affaires est maintenu par les touristes.»

Doté d'une bonne table et d'une belle cave à vins, le Folichon semble tout indiqué pour l'homme d'affaires désirant rencontrer d'éventuels partenaires dans un endroit moins austère que le bureau. Pourtant, si cette clientèle est toujours présente, elle se fait beaucoup plus discrète selon son propriétaire, Gaétan Bélanger.

Celui-ci identifie le scandale de la prostitution juvénile comme le point tournant. «À partir de ce moment-là, les gens d'affaires sont devenus très frileux et chatouilleux. Ça s'est beaucoup refroidi en ville.» Si ceux-ci fréquentent toujours le Folichon, la «crème n'est plus là.»

«Des gens bien en vue de la région venaient régulièrement pour l'ambiance, le resto, raconte M. Bélanger. Lorsque le scandale de la prostitution juvénile a pris des proportions démesurées et que les rumeurs accusaient à peu près tout le monde, ces personnes ont décidé de s'éloigner de tout ce qui peut se rapprocher du sexe. Pourtant, notre établissement se rapproche beaucoup plus des boîtes incontournables de Paris que d'autres choses.»

À l'instar du Lady Mary Ann, s'il est une clientèle toujours fidèle au Folichon, ce sont les touristes, en particulier américains et européens. «Ils retrouvent un type de cabaret qui, soit n'existe pas dans leur pays, ou est hors de prix», conclut M. Bélanger qui compare son établissement aux anciens clubs Playboy où les belles filles attiraient le jet set de la région.

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