En réponse à Jean-Paul L'Allier
J'ai toujours entretenu une bonne dose d'admiration envers Jean-Paul L'Allier que j'ai connu en 1975 alors que je coordonnais une opération en faveur des expropriés de Sainte-Scholastique, groupe auquel il appartenait. À la radio, j'ai eu recours à ses talents d'analyste et de communicateur et j'ai salué son arrivée en politique municipale au moment où j'effectuais un retour dans ma ville natale. En tant que maire, il m'est arrivé de le critiquer, toujours suivant les normes qui régissent le monde de l'information.
La ville d'alors et celle d'aujourd'hui n'ont plus aucune mesure. La vision et la détermination de celui qui a occupé le siège de premier magistrat de Québec pendant 16 ans auront imprimé un courant de modernité tout à fait cohérent avec la richesse patrimoniale de la Capitale. Jean-Paul L'Allier est aussi un homme de caractère qui a défendu son territoire. Certains, à l'instar d'Andrée P. Boucher ou d'autres opposants, ont eu l'occasion de se frotter à l'épiderme sensible du personnage. Je fais dorénavant partie du contingent.
Épicerie-école
Au lendemain de la publication de mon commentaire qui faisait écho à un sondage Axiome Marketing portant sur le projet d'épicerie-école à l'Université Laval et qui indiquait que la communauté universitaire et ses voisins des comtés de Jean-Talon et Louis-Hébert rejetaient majoritairement l'implantation d'un tel équipement sur le campus, M. L'Allier prenait la plume m'accusant de faussetés et de malveillance. Il me demande de corriger le tir car, signe-t-il avec beaucoup d'à propos, l'objectivité, l'honnêteté et l'éthique sont au coeur de la crédibilité d'un cabinet d'avocats et ceux qui y travaillent. Je rappelle que Me L'Allier occupe un poste de conseiller stratégique dans l'important cabinet Langlois Kronström Desjardins.
Dans un premier temps, M. L'Allier prétend que je laisse sous-entendre qu'il était en faute lorsque j'écrivais que «le projet était déjà marqué au fer rouge par des allégations de conflit d'intérêt puisque l'ex-maire de Québec siégeait au comité aviseur chargé d'analyser les offres découlant du processus de sélection du gestionnaire et commanditaire de la chaire de recherche». Les allégations auxquelles je référais ont effectivement circulé dans les souterrains du campus lorsque le dossier fut initié. Le terme «rumeurs» eût sans doute été plus approprié. Jamais je n'ai laissé entendre que Me L'Allier ait pu prêter flanc à ces accusations. Au contraire, j'affirme dans le texte que celui-ci a quitté le comité aviseur. Par ailleurs, lorsque j'écris que M. L'Allier a été contraint à quitter le comité, je ne fais référence à aucune contrainte humaine ou en autorité. Je me réfère davantage au souci d'éthique professionnelle qui devait sans aucun doute animer le membre du comité.
Incidemment, j'ai employé l'expression ex-maire pour désigner Me L'Allier, ce qui a semblé lui déplaire. Je crois savoir qu'il a occupé cette haute fonction assez longtemps pour y être encore associé. Contrairement à l'interprétation qu'il me livre dans son courrier, jamais je n'ai indiqué ou laissé entendre que c'est en raison de cette occupation prestigieuse qu'il siégeait au dit comité. Je veux rappeler à mon interlocuteur qu'il ne se passe pas une journée sans qu'un de ses prédécesseurs, Gilles Lamontagne, ne se fasse pas interpeller sous le vocable honorable de «M. le maire». Voyez-y plutôt des marques de respects de la part des gens qui savent se souvenir.
Je conviens avoir commis un impair dans la publication de ce commentaire lorsque j'ai indiqué que Sobeys était un client important de la firme à laquelle appartient Me L'Allier. Dans mes notes manuscrites j'ai sûrement confondu, en toute bonne foi, Sobeys et Métro Richelieu qui lui figuraient bel et bien sur la liste de clients de Langlois Konström Desjardins. Je tiens en m'en excuser le plus sincèrement.
Enfin, je ferai remarquer à M. L'Allier que mon commentaire cherchait à faire le point sur une situation conflictuelle qu'un récent sondage ramenait dans l'actualité. D'ailleurs, le nouveau recteur de l'Université Laval, Denis Brière, compte reprendre l'exercice précisément parce que son parcours semble truffé d'erreurs. En aucun cas, il ne s'agissait du procès ou d'un jugement sur les acteurs de ce dossier qui, bien malgré eux et en toute bonne volonté, ont été plongés au coeur d'un débat controversé dans la communauté universitaire.