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Un premier salon de coiffure «vert» à Châteauguay


Publié le 9 mai 2017

Samantha English, coiffeuse-propriétaire du Boudoir.

©(TC Media- Patricia Blackburn)

Moyennant une écotaxe de 1$ sur la facture qu’elles remettent à leurs clients, les coiffeuses du salon le Boudoir, à Châteauguay, recyclent désormais 95% des déchets qu’elles produisent.

La propriétaire, Samantha English, vient d’adhérer au mouvement des Salons Green Circle, qui regroupe quelque 1500 salons membres à travers le Canada, et une trentaine au Québec. L’objectif étant de réduire l’empreinte écologique des produits utilisés en grande quantité chaque jour dans les salons de coiffure, et difficilement recyclables par les voies habituelles.

Pour nous, le recyclage de ces déchets n’est pas plus compliqué qu’avant. La seule différence est qu’il faut les répartir dans des bacs différents au lieu de tout jeter au même endroit.

Élisabeth Lacoste, coiffeuse.

Le toxique devient énergie

Les excès de colorants sont vidés dans un contenant métallique, puis acheminés vers des usines qui s’en servent pour produire de l’énergie.
(TC Media- Patricia Blackburn)

Tous les déchets qui contiennent de l’aluminium, comme les tubes de colorant, les papiers mèches, sont désinfectés et recyclés. Les restants de colorant sont envoyés dans des usines qui font bouillir le liquide à plus de 200 oF. «L’énergie qui s’en dégage actionne des turbines qui servent à la production de béton», explique fièrement Mme English, qui indique qu’avant, ces restants de produits de coloration étaient jetés au lavabo.

Cheveux contre pétrole

(TC Media- Patricia Blackburn)

Même les cheveux coupés trouvent une seconde vie. Ils sont acheminés vers des endroits qui se spécialisent dans la fabrication d’énormes boudins utilisés pour confiner le pétrole en cas de déversements. Ou dans la fabrication d’oreillers offerts aux sinistrés ou aux réfugiés. «Les cheveux humains sont une des rares choses qui se dégradent difficilement dans la nature», fait savoir la propriétaire du Boudoir.

Les clients le demandaient

Avant d’obtenir la certification Green Circle, un certain souci écologique était déjà implanté au Boudoir. Grâce notamment au choix des produits utilisés en salon. «Nos clients adhéraient déjà un peu à ce mouvement écoresponsable. Alors je savais qu’ils ne seraient pas fâchés de devoir payer une écotaxe afin que tous les produits utilisés soient recyclés», confie la coiffeuse-propriétaire.

Bac à ordure vide

Mais il n’y a pas que la clientèle qui semble satisfaite de cette nouveauté. Le propriétaire de l’immeuble où loge le Boudoir a noté une décroissance surprenante des déchets dans le bac à ordures extérieur. Ce qui lui permet des économies. «Avant, ça débordait. Maintenant, on ne jette pratiquement plus rien aux ordures», remarque Mme English. Le Boudoir est le premier salon de coiffure de la région à être membre des Salons Green Circle. Toutefois, l'école de coiffure du centre de formation professionnelle NOVA, à Châteauguay, est également certifiée.

Comment ça marche Qu'est-ce qui est recyclé Collecte
Pour adhérer aux Salons Green Circle, la propriétaire du Boudoir a déboursé 100$. Le reste des frais de cueillette des déchets est assuré par l’écotaxe de 1$ facturée aux clients. Cheveux, coupures d’ongle, tubes de colorants, bouteilles, papiers mèches en aluminium, bandelettes d’épilation, masques, gants de plastique, restes de colorant et autres produits toxiques. Lorsque les bacs de produits à recycler sont remplis, une équipe de Green Circle passe dans les 24h suivant l’appel pour collecter les déchets recyclables. 

Samantha English et Élisabeth Lacoste.

©(TC Media- Patricia Blackburn)