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Nelly Arcan sur grand écran

Cinéma maison


Publié le 7 mai 2017

La comète littéraire qu’a été Nelly Arcan, mieux connue dans son Lac-Mégantic natal sous le nom d’Isabelle Fortier, aura marqué l’imaginaire de son lectorat, mais aussi celui de ceux qui ne l’ont jamais lue.

Faire un film sur ce personnage particulier allait de soi, mais la manière qu’on a choisi de raconter la vie de cette écrivaine obsédée par son image, la marchandisation du corps et le manque évident d’amour dont elle souffrait était-elle la meilleure? Permettez-nous d’en douter.

Étoiles: ** et demie

Pascal Cloutier

Les gens qui détestent les flashbacks et ceux qui préfèrent se faire raconter une histoire d’une traite seront certainement désorientés par cette série de saynètes décousues. Parce que le fil est si difficile à distinguer à travers les moments forts de cette trop courte vie, parce qu’il est si ténu, il devient facile d’abdiquer et de ne pas voir l’œuvre comme un tout, mais comme un collage improvisé.

En raison de ce sentiment déstabilisant, on en vient à s’imprégner du premier niveau de son histoire. Premier niveau dont les images tournent autour de la prostitution et des années d'escorte dont la jeune femme s’est inspirée pour écrire ses trois premiers romans, le quatrième et dernier à titre posthume sur la mort.

Mylène Mackay qui incarne l’auteure le fait avec aisance. Sa beauté aidant, le côté charmant de celle qui était obsédée par son image corporelle est mis en évidence. Pour le côté psychologique fragile et l’hypersensibilité dont Nelly Arcan faisait preuve à des moments différents de sa vie, le constat est moins évident. Il est toujours délicat de dépeindre une personnalité semblable, une artiste de grand talent, comme puisant seulement dans son état mental aux prises avec de graves problèmes.

Nous serions curieux de savoir ce que l’entourage de l’auteure pense de la réalisation d’Anne Émond. Une construction plus pragmatique de cette histoire aurait rejoint plus facilement ceux qui connaissaient son nom sans en avoir été des admirateurs.