13 raisons… de rester en vie

Une chronique de l'Assciation de la santé publique du Québec

Publié le 1 mai 2017

L’intimidation est un problème sérieux qui entraîne des conséquences importantes sur la santé physique et psychologique. Elle peut engendrer une faible estime de soi, des symptômes dépressifs, de l’isolement social, de la difficulté à fixer ses limites et à dire non.

Le suicide ne devrait jamais être une option. Pourtant, chaque année au Québec, plus de 1000 personnes se suicident. Bien que le bilan de mortalité par suicide pour le Québec se soit amélioré, chaque suicide en est un de trop.

La série télévisée 13 raisons, qui aborde  les thèmes du suicide, de l’intimidation et de l’agression sexuelle, suscite des inquiétudes certaines auprès de plusieurs intervenants. Je n’ai nullement l’intention de rouvrir le débat à savoir si cette série comporte un risque pour les jeunes qui la regardent. Les experts, selon moi, sont les mieux placés pour juger de cette situation. Par contre, il m’apparaît primordial de parler des causes pouvant mener au suicide. Parmi ces causes probables, l’intimidation en fait assurément partie et refait surface périodiquement dans les médias.

Qu’est-ce que l’intimidation?

L’intimidation peut être physique (bousculer, contraindre, frapper), verbale (insulter, se moquer, faire des remarques discriminatoires), sociale (propager des rumeurs, isoler, humilier) ou matérielle (détruire, vandaliser, s’approprier le bien d’autrui). Elle se caractérise par un rapport de force inégal et a pour objectif de nuire et de faire du mal. Elle peut être directe ou indirecte et se propage à travers  les réseaux sociaux.  

L’intimidation est un problème sérieux qui entraîne des conséquences importantes sur la santé physique et psychologique. Elle peut engendrer une faible estime de soi, des symptômes dépressifs, de l’isolement social, de la difficulté à fixer ses limites et à dire non.

Les écoles secondaires du Québec ont dû se doter d’un plan d’action en matière d’intimidation afin de la contrer. Malheureusement, elle prend racine bien souvent avant même l’entrée à l’école secondaire. Le prochain plan d’action du gouvernement devrait cibler la prévention en matière d’intimidation dès le préscolaire primaire. À ce moment, il est plus facile d’être témoin des gestes répréhensibles  puisqu’ils sont plus directs, par exemple : taper, crier, dire à quelqu’un qu’on n’est plus son ami, qu’on ne l’invitera pas à sa fête, etc. Voilà  le moment idéal pour inculquer aux jeunes enfants les notions fondamentales,  adéquates et respectueuses de régler des conflits.

 

 

Des signes à surveiller

Un enfant victime d’intimidation peut présenter divers symptômes qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille :

·         Peur d’aller à l’école

·         Manque d’estime de soi

·         Perte d’intérêt pour l’école

·         Résultats scolaires qui chutent

·         Perte de ses effets personnels

·         Sommeil agité

·         Menace de se faire mal ou de faire mal à autrui

Ces signes ne doivent jamais être pris à la légère. Les adultes marquants dans la vie des enfants ont le devoir d’agir et de se mobiliser pour les protéger et les aider à trouver des solutions. Commençons donc par donner nous-mêmes l’exemple en entretenant des relations saines et harmonieuses à la maison et dans nos environnements.

Des sites à consulter :

PrevNet : Le réseau pour la promotion de relations saines et l’élimination de la violence

Changez de regard : microsite de l’Association pour la santé publique du Québec concernant la stigmatisation à l’égard du poids chez les jeunes du secondaire.

La fondation Jasmin Roy : a pour mission de lutter contre l’intimidation, la violence et la discrimination faites aux enfants en milieu scolaire aux niveaux primaire et secondaire.

Émilie Dansereau, chargée des dossiers Saines habitudes de vie à l'Association pour la santé publique du Québec

Plus d'infos en cliquant ici