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Minimaison: nouvelle option résidentielle vue par les experts


Publié le 9 octobre 2017

Les minimaisons demeurent une alternative peu répandue dans le marché de l'habitation du Québec.

©(Photo gracieuseté – Bonneville)

DOSSIER. Devant le phénomène émergent des minimaisons, le Journal de l'Habitation a voulu savoir ce qu'en pensent les regroupements d'architectes, de constructeurs et de gestionnaires municipaux. Voici l'essentiel de leur réflexion.

Observations des architectes

«Sans être contre, l’OAQ estime que le concept cadre peu avec la vision du développement durable. Certes, les minimaisons permettent de diminuer la superficie habitable, ce qui est judicieux du point de vue de la consommation énergétique. En revanche, ces petites habitations demeurent des maisons unifamiliales isolées, qui ne garantissent en rien un aménagement durable du territoire. L’OAQ prône des solutions logement qui favorisent la densification conviviale des milieux de vie, ce qui implique une mixité de fonctions et de populations, comme des immeubles de logements collectifs ou encore la conversion de bungalows en maisons bigénérationnelles, le tout avec des services à distance de marche. Nous estimons que l’offre de logement devrait contribuer à la diminution de la dépendance à l’automobile, responsable de 43% des émissions de gaz à effet de serre contre 10% pour les bâtiments. Or, il ne nous paraît pas évident que les minimaisons constituent une manière d'y parvenir.» - Christine Lanthier, éditrice et agente de recherche à l'Ordre des architectes du Québec (OAQ)

Observations des constructeurs

«Les minimaisons sont en émergence au Québec depuis quelque temps, mais il s’agit encore d’une demande marginale. Elles s’adressent surtout à une clientèle particulière avec des besoins précis. Par ailleurs, nous remarquons que des jeunes familles qui désirent être propriétaires, mais qui ont de la difficulté à le devenir, notamment avec le resserrement des règles hypothécaires par le gouvernement fédéral et la hausse du prix des habitations, visent l’achat d’habitations plus petites qu’auparavant. En ce sens, des habitations plus compactes peuvent s'avérer plus accessibles.» - Jean-Sébastien Lapointe, conseiller en relations publiques à l’Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ)

Observations du milieu municipal

«Les minimaisons peuvent répondre à certains besoins locaux en matière d’habitation. Plusieurs municipalités ont d’ailleurs déjà adapté leur règlement de zonage, pour intégrer ce nouveau type d’habitation à leur parc immobilier. Or, on ne peut appliquer de loi de façon mur-à-mur pour encadrer la construction de minimaisons sur l’ensemble du territoire québécois. Il faut tenir compte des réalités propres à chaque communauté et respecter le principe d’autonomie municipale, dans ce domaine comme dans bien d’autres.» - Jean Bouchard, maire de Mirabel et président de la Commission de l’aménagement et des transports de l’Union des municipalités du Québec (UMQ)

TC Media