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Comment aider les jeunes à vivre un deuil?

Publié le 10 septembre 2017

La directrice et fondatrice de Deuil-Jeunesse, Josée Masson.

©(Photo TC Media – Geoffré Samson)

TRISTESSE. Le deuil est souvent associé à la mort, mais une disparition, une maladie grave, et même une séparation parentale peuvent engendrer des moments éprouvants. De nombreuses ressources au Québec offrent des services d'accompagnement, mais les groupes de soutien pour juvéniles sont plutôt rares.

Par Geoffré Samson

Une dizaine de services communautaires, publics et parapublics sont offerts dans la Capitale-Nationale, et permettent aux endeuillés d'y rencontrer psychologues, travailleurs sociaux et professionnels de la santé dans un cheminement personnel à la suite de la perte d'un être cher. Deuil-Jeunesse à Charlesbourg est le seul organisme de la région à venir en aide spécifiquement aux enfants.

Le deuil est unique à chacun, il peut nous diriger vers de nombreux endroits.
(Photo TC Media – Geoffré Samson)

On ne traverse pas un deuil, on le vit

La directrice de Deuil-Jeunesse, Josée Masson, dit ne jamais parler d'étapes comme le déni, la colère, la tristesse, ou l'acceptation. Elle mentionne qu'un deuil est unique à chacun, et ne se vit pas de la même façon pour tout le monde. Le Centre de prévention du suicide abonde dans le même sens en expliquant que le vécu d’un jeune ayant perdu un être cher dépendra principalement de son stade de développement. Adultes comme enfants traverseront les mêmes phases de deuil, mais celles-ci seront différentes, parfois de façon intermittente et cyclique.

L'importance d'un dernier « au revoir »

« Il ne faut pas avoir peur d'inclure les enfants de tous âges dans la préparation d'un rite funéraire, et de laisser le jeune faire des adieux », mentionne Mme Masson. Elle ajoute que ce moment leur permettrait notamment d'assimiler la réalité de l'événement. Assister à cette étape inculquerait une meilleure compréhension de la situation, et permettrait de ne pas avoir un sentiment d'abandon ou de rejet.

Maladresse d’amour

Josée Masson explique que les parents protègent leurs enfants par amour, c’est indéniable. Par contre, leur cacher la vérité par rapport à la mort n’est pas vraiment un geste protecteur. Les adultes ont tendance à parler de cette réalité d’une façon trop belle, en faisant référence au paradis, entre autres. « Si on veut que nos jeunes vivent, on doit leur parler de la mort », conclut-elle.