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Motiver les jeunes à aller à l'école… par le ventre


Publié le 28 septembre 2017

Les jeunes qui participent au programme créent des liens d'amitié tout au long de l'année.

©(Photo gracieuseté – Carrefour jeunesse emploi)

MOTIVATION. Pour une septième édition, le Carrefour jeunesse emploi mène son programme de motivation scolaire «La table est mise». Pendant toute l'année scolaire, une quarantaine de jeunes pourront vivre une expérience d'implication communautaire et d'exploration professionnelle.

Quatre groupes de dix jeunes de quatre écoles secondaires différentes se rendent à la cuisine du carrefour jeunesse emploi une fois par semaine, avec un cuisinier et une intervenante sociale.

Le programme leur permet de connaître les métiers de cuisiner, d'éducateur auprès des enfants et d'intervenant social.
(Photo gracieuseté – Carrefour jeunesse emploi)

«Ce sont des jeunes qui fréquentent des classes d'adaptation scolaire et qui sont vulnérables au décrochage scolaire», explique Sonia Noël, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi Montmorency. Les jeunes qui participent au programme peuvent souffrir d'un trouble du déficit de l'attention, de problèmes de comportement, de difficultés d'apprentissage ou tout simplement d'un manque de support à la maison.

Dès leur arrivée, les jeunes ont un peu moins d'une heure et demie pour préparer 20 à 25 repas destinés à de jeunes enfants de prématernelle de l'école de la Pléiade. «On essaie toujours d'avoir des repas santé, et de promouvoir les saines habitudes de vie», explique Mme Noël.

Les jeunes sont toujours jumelés au même groupe d'enfants et vont leur servir le repas eux-mêmes chaque semaine. Pendant que la moitié de l'équipe va servir les enfants, l'autre moitié se charge de ranger la cuisine et de préparer le repas pour toute l'équipe.

En après-midi, les jeunes assistent à des ateliers culinaires présentés par le chef, ou à des ateliers éducatifs. Parfois, ils font également des sorties, comme visiter un restaurant, un centre de formation professionnelle, aller aux pommes ou encore à la cabane à sucre, énumère Sonia Noël.

Un projet qui porte ses fruits

Le programme est sous participation volontaire. Mme Noël explique que les jeunes acceptent de reprendre la matière qu'ils manquent pendant cette journée pour participer au programme. «Beaucoup d'enseignants nous disent que les jeunes se présentent à l'école ne serait-ce que pour pouvoir participer à la table est mise le mardi. C'est comme leur privilège».

Ce programme est également une occasion pour les participants de briser l'isolement et de se faire des amis. «C'est un projet qui est super bon pour l'estime de soi», raconte Mme Noël qui voit ces jeunes évoluer de semaine en semaine. «C'est fou les interventions qu'on peut faire avec quelqu'un qui coupe des carottes. Les jeunes se confient davantage que dans un bureau.»

D'ailleurs, l'intervenante profite du climat de confiance avec les jeunes pour faire de la sensibilisation sur toutes sortes de sujets comme la toxicomanie ou l'intimidation.

Les jeunes ont également l'occasion de cuisiner au bal du maire au Château Frontenac et pour leur dîner des partenaires.