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Visiter le Québec chez ses producteurs locaux

De Saint-Augustin à la Côte-de-Beaupré en passant par l'île d'Orléans


Publié le 17 mai 2017

Le terroir du Québec peut désormais être visité en VR.

©(Photo Deposit / Smanyuk)

VACANCES. D'un côté, les adeptes de caravanage qui cherchent de nouvelles destinations à découvrir, de l'autre, des producteurs du terroir qui ont de l'espace à revendre. La combinaison était trop belle pour Karine Morin, cofondatrice de Terroir en VR, pour la laisser aller.

C'est en partant en voyage avec sa mère en Nouvelle-Zélande et en vivant l'expérience de dormir «chez l'habitant» en véhicule récréatif que Karine Morin a été conquise par le concept. «Ça nous a permis de découvrir des endroits où on n'aurait pas pensé aller si ça n'était pas de ce réseau-là», raconte-t-elle à propos de son voyage.

De retour au Québec et trouvant que cette offre touristique n'était pas mise en valeur, le duo mère-fille a décidé de lancer le site Terroir en VR. Le but: dormir le temps d'une nuit avec son autocaravane chez un producteur du terroir. «En discutant avec des voyageurs dans les salons du VR, on s'est rendu compte qu'eux aussi ont ce désir-là de découvrir de nouveaux endroits, de rencontrer des gens et de vivre des expériences plus authentiques», poursuit-elle.

«On travaille là-dessus depuis l'automne dernier, raconte l'entrepreneure. Ce qu'on a fait jusqu'à présent, c'est de construire un réseau de producteurs hôtes qui soit assez dense et assez varié pour que les voyageurs aient le choix d'aller à un endroit ou un autre quand ils sont sur la route.» Une fois abonné au réseau, les «caravaneux» n'ont qu'à réserver leur place sur Internet, un courriel de confirmation est envoyé au producteur hôte.

Les critères

Quelques règles viennent encadrer la façon dont les producteurs deviennent hôtes. «Eux s'engagent à offrir d'un à cinq espaces de stationnement sans service», commence Mme Morin. Ils ne peuvent pas percevoir d'argent pour la place qu'ils proposent à leurs invités. Également, les campeurs ne peuvent rester qu'une seule nuit et doivent reprendre la route le lendemain. «Il faut qu'ils soient autonomes, parce que ce n'est pas du camping, même s'ils passent la nuit dans un vignoble ou dans un champ. C'est vraiment plus comme une halte», explique-t-elle à propos des voyageurs.

Karine Morin y voit une façon pour les producteurs d'aller attirer une nouvelle clientèle qui n'aurait pas été jusqu'à eux nécessairement si ce n'était pas d'une place pour dormir. «On voulait qu'ils aient cette nouvelle clientèle-là, mais sans que ça leur apporte trop de tracas. Les producteurs travaillent dans les champs, c'est déjà une grosse saison pour eux, alors on voulait faire ça le plus simplement possible.»

Déjà plusieurs producteurs ont levé la main pour participer à l'initiative de Karine Morin. Pour l'instant 370 places sont offertes sur leur site – dont une au Nouveau-Brunswick! – chez 126 producteurs participants. Du côté des abonnés, sans vouloir s'avancer sur le nombre exact, l'entrepreneur estime «dans les trois chiffres» le nombre de campeurs abonnés au concept.

La région de la Capitale-Nationale compte quelques fermes et producteurs parmi la liste des participants. D'ouest en est, on a d'abord la fromagerie des Grondines, la ferme ancestrale Germain, L'Arc-en-Ciel du Paradis et le Domaine des 3 Moulins dans Portneuf. Après la cité agricole à Saint-Augustin-de-Desmaures, on passe ensuite à la Côte-de-Beaupré, où on s'arrêter au Domaine L'Ange-Gardien et à la ferme Arthur Cauchon. Finalement, en visitant l'île d'Orléans, il est possible de dormir à la ferme d'OC et la ferme Laval Gagnon à Sainte-Famille-de-l'île-d'Orléans.

La ferme d'OC et la roulotte du COIN ont décidé d'accueillir des campeurs chez eux.
(Photo tirée de Facebook)

Le point de vue des producteurs-hôtes

Pour Jean-François Émond de la Ferme d'OC à Sainte-Famille-de-l'Île-d'Orléans, c'était tout naturel d'embarquer dans le projet de Terroir en VR, lui qui avait déjà l'habitude d'ouvrir la porte aux voyageurs sur la route. «Ça pouvait m'arriver une vingtaine de fois par été, raconte-t-il. Des fois, les gens viennent en Westfalia ou en mini-VR et là il est rendu 16h, il ne fait pas vraiment beau, je leur dis de rester s'ils le veulent. On a un chapiteau ou on mange avec une toilette. Quand c'est tranquille, ça ne me dérange vraiment pas, ils peuvent rester.» Sur son grand terrain où une cinquantaine de voitures peuvent se stationner, il a réservé cinq places pour Terroir en VR. «Des fois les voyageurs restent et ils vont prendre une poutine ou partir avec une rillette. Mais je ne fais vraiment pas ça pour l'argent.»

Frédéric Rochon de la cité agricole à Saint-Augustin s'est laissé tenter par l'expérience après la présentation de l'instigatrice. «C'est un concept qu'on ne connaissait pas et qui semblait très intéressant, soutient-il. Je voyais beaucoup de possibilités dans le projet, même pour la ferme.» Pour le propriétaire, la simplicité du processus représente un net avantage. «Ça ne demande pas d'installations en particulier, juste un stationnement et de la place et ça, habituellement, on en a.» En offrant quelques places la première année, il y voit aussi une forme de visibilité pour sa ferme.