Les parents-étudiants demandent une politique familiale


Publié le 31 mars 2017

Annie-Pierre Bélanger, coordonnatrice de l'APÉTUL; Milène R. E. Lokrou, présidente de l'AELIÉS, Isabelle Caouette, présidente de l'APÉTUL et Marie-Pier Landry, co-responsable de la politique familiale élaborée par l'APÉTUL.

©(Photo TC Media – Prisca Benoit)

ÉDUCATION. L'Association des parents-étudiants et travaillants à l'Université Laval (APÉTUL) souhaite que leur institution scolaire les aide à concilier leurs études, leur travail et surtout, la famille.

Depuis plusieurs mois, l'Association des parents-étudiants milite pour une meilleure reconnaissance des étudiants de l'université qui jouent aussi le rôle de parents au quotidien. Les membres ont travaillé à l'élaboration d'une politique familiale pour l'Université Laval en collaboration avec l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS).

«On a fait une ébauche de politique familiale qu'on a présentée de manière sommaire, rapporte la coordonnatrice de l'APÉTUL, Annie-Pierre Bélanger, à propos de la présentation qu'ils ont réalisée vendredi au Café Fou AELIÉS. On a présenté une version plus longue aux membres de l'équipe de direction de l'Université Laval récemment.»

Plusieurs défis se mettent sur la route des parents-étudiants qui souhaitent finir leurs études, que ce soit la gastro chez le plus jeune ou les horaires de garderie qui ne concordent par avec les heures de cours. Lors de la présentation de la politique, certains intervenants faisaient également remarquer qu'on mettait souvent la faute sur le dos des parents-étudiants qui auraient choisi délibérément d'avoir une famille pendant leurs études.

Pour faciliter l'accès à l'université, l'association propose de fournir un statut d'étudiants réputés temps plein aux étudiants avec des enfants à charge. «Ça pourrait également s'appliquer aux proches-aidants», ajoute la coordonnatrice. De cette façon, les étudiants pourraient conserver leur statut temps plein qui donne accès à des bourses et des stages même s'ils fréquentent l'université à temps partiel.

Un statut de réputé-inscrit a aussi été proposé. «On pourrait interrompre nos études sans être désinscrit pour des raisons familiales, explique Annie-Pierre Bélanger. On pourrait avoir un congé parental, de maternité, de paternité ou d'adoption.» Pour l'instant, il est seulement possible de prendre deux sessions sans cours. Par la suite, l'étudiant est désinscrit. «Peu importe la raison qui explique pourquoi, c'est comme si on avait abandonné. On doit refaire le processus d'admission au complet et on pourrait être refusé.» Le simple fait de perdre son statut d'étudiant peut être très problématique, en particulier pour les étudiants étrangers qui peuvent perdre leur visa.

Bébé malade, étudiant à la maison

L'absence d'un cours pour cause de maladie doit présentement se gérer au cas par cas chez les parents-étudiants, selon le bon vouloir des directions de programme ou des professeurs. Le fardeau de la preuve est souvent l'enjeu critique dans ce genre de situation. «Si mon enfant à la gastro, je ne l'amène pas à l'hôpital pour qu'il contamine tout le monde. Est-ce que je devrais prendre une photo comme preuve?», lance à la blague la coordonnatrice lors du lancement de la proposition de politique familiale.

L'APÉTUL a déjà rencontré pour une première fois des membres de la direction de l'Université Laval pour leur présenter leur vision d'une future politique familiale. Plusieurs des propositions étaient intéressantes aux yeux de la direction. «Nous avons pris connaissance des propositions et nous poursuivons nos discussions avec les représentants des associations concernées», a fait savoir sa porte-parole, Andrée-Anne Stewart.

«Nous, on est beaucoup dans le quoi et le pourquoi, explique la coordonnatrice de l'APÉTUL, Annie-Pierre Bélanger. L'université, elle est plus dans le comment.» Au-delà d'une politique qui uniformiserait les relations entre professeurs et parents-étudiants, c'est toute une nouvelle gestion qui devrait être adaptée. «Il faudrait penser à une façon de comptabiliser le nombre de parents-étudiants», donne comme exemple la coordonnatrice.

Avec la course au rectorat en cours et la fin de la session d'hiver, l'APÉTUL espère avoir des nouvelles de l'université d'ici la fin du mois de mai, bien qu'elle s'attende plus à ce que le dossier se poursuivre au retour en classe à l'automne 2017.