600 nouveaux enseignants en renfort, promet François Blais


Publié le 29 novembre 2015
François Blais (Photo TC Media - Archives)

L'investissement supplémentaire de 80 millions de dollars par année en éducation, prévu lors de la dernière mise à jour budgétaire du gouvernement libéral, permettra l'ajout de plus de 600 enseignants, a annoncé dimanche le ministre de l'Éducation, François Blais. Au total, ce sont quelque 800 nouvelles ressources qui devraient se greffer au réseau scolaire grâce à ce réinvestissement.

Suivant la volonté du ministre d'agir tôt pour pallier les difficultés des élèves et de lutter contre le décrochage scolaire, différentes actions sont envisagées, dont l'accélération de l'implantation de la maternelle 4 ans à temps plein en milieu défavorisé, l'accessibilité à un programme d'aide individualisée en mathématique, en science et en français pour les élèves du secondaire, le soutien des élèves ayant des besoins particuliers et en situation de handicap dans les collèges, et l'intégration en classe ordinaire des élèves en difficulté d'apprentissage et d'adaptation.

«En prévenant les difficultés scolaires dès le plus jeune âge et en offrant un soutien approprié à ceux qui en éprouvent dans des moments clés de leur parcours scolaire, nous agissons là où ça compte. Nous concentrerons nos efforts principalement sur la maîtrise de la lecture et de l'écriture à la fin du premier cycle du primaire puisque c'est l'indicateur le plus probant de la réussite à long terme», a souligné M. Blais. Rappelons que des négociations ont cours depuis plusieurs mois entre le ministère de l'Éducation et les professeurs concernant leurs conditions de travail.

Des questions

Du côté de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), en négociations depuis plusieurs mois avec le ministère de l'Éducation concernant les conditions de travail de ses membres, on se montre prudent concernant cette enveloppe de 80 millions.

«Il est impossible, à ce moment-ci, de déterminer s'il s'agit bel et bien d'argent supplémentaire, mentionne-t-on par voie de communiqué. En effet, si le budget 2016-2017 du gouvernement devait contenir une fois de plus des compressions en éducation, cela voudrait dire que les commissions scolaires auront à couper dans d'autres budgets pour répondre à la nouvelle obligation du ministre de l'Éducation […] d'injecter ces 80M$ dans les mesures qu'il a identifiées.»

La FCSQ s'interroge également sur l'embauche de 600 enseignants supplémentaires «alors que leur nombre est déterminé par une convention collective qui n'est pas encore signée», fait-on valoir. Pour l'organisation, c'est là un signe que l'annonce intervient de manière précipitée, d'autant que seules les règles budgétaires, qui sont généralement transmises aux commissions scolaires à la fin de l'année scolaire, permettront de mesurer l'impact réel de cet investissement.

Même son de cloche du côté de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui accueille tièdement les mesures annoncées. «En éducation, chaque sou compte, on est donc satisfaits de voir le ministre se réveiller en ajoutant des sommes, mais plusieurs questions demeurent, notamment quant aux garanties de la distribution de ces sommes», indique la présidente Louise Chabot.

Québec Hebdo