30M$ pour la recherche en santé mentale à Québec

Un domaine pour lequel on accuse un « énorme retard »


Publié le 29 novembre 2016

INVESTISSEMENT. Québec annonce un investissement de 29,6M$ pour un projet qui vise le développement de méthodes de détection précoce des maladies mentales au Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec (CRIUSMQ).

L’ancien Centre hospitalier Robert-Giffard deviendra l'hôte de la Chaire d'excellence en recherche du Canada sur la neurophotonique, dont le titulaire sera le psychiatre et ingénieur physicien, Pierre Marquet. L’action du spécialiste Suisse, récemment recruté à Québec, se concentrera sur la détection précoce et la prévention de maladies comme la schizophrénie, la dépression majeure et les troubles anxieux graves auprès des jeunes vulnérables.

« Énorme retard »

Le projet totalise 29,6M$, dont 23M$ en sommes non remboursables au gouvernement du Québec. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale et la Fondation de l’Institut allongent la balance des sommes.

L’aménagement des nouveaux laboratoires a déjà commencé. De l’équipement sera ajouté et on prévoit aussi aménager une animalerie. Une infrastructure d’imagerie cérébrale dédiée à la recherche sur le cerveau sera également mise en place. Ce genre de ressource « manquait fortement à Québec », selon le directeur scientifique du Centre de recherche de l'Institut, Yves DeKoninck, de qui l’annonce était très attendue.

Investir dans la santé mentale n'est pas un luxe, pour lui : « Si on compare à d’autres domaines de la médecine, on accuse un énorme retard ». Le sous-investissement est attribuable selon lui à la « stigmatisation » de la maladie mentale. « Il faut changer la mentalité et voir que les maladies qui touchent le cerveau sont des maladies comme les autres, qu’on est capable de prévenir, qu’on est capables de traiter », conclut-il.

Débordements des urgences psychiatriques à Québec

L’annonce survient à un moment où les urgences psychiatriques connaissent des épisodes de débordement à Québec, sans compter la fermeture récente de lits qui permettaient d’accueillir des personnes atteintes de problèmes de santé mentale lors de moments de crise.

En marge de l’annonce, le président-directeur général du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, s’est défendu d’avoir retiré des ressources trop vite. Admettant vivre une « situation d’achalandage plus importante », le PDG a soutenu que le nombre de lits psychiatriques était suffisant dans la région et qu’un plan d’action était en place pour l’ajout de ressources communautaires. Depuis la formation du CIUSSS, a-t-il plaidé, des équipes de soutien intensif dans le milieu et d’hospitalisation à domicile ont été ajoutées. « Mais ça prend un certain temps avant d’avoir des résultats plus concrets ».

Ceci pourrait vous intéresser: 

Santé mentale : de plus en plus de demandes d’aide pour les proches

Que faire quand la maladie mentale s’empare d’un proche? 

TC Media