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Sensibilisation contre le sextage: la photo de trop


Publié le 25 mai 2017

La campagne «Ton selfie, ça ne regarde que toi» a été lancée à l'école Jean-de-Brébeuf à Limoilou.

©(Photo TC Media – Prisca Benoit)

PRÉVENTION. Ça prend une photo de trop pour engendrer de graves conséquences, du moins, c'est ce qu'a voulu démontrer le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) et ses collaborateurs dans la nouvelle campagne de sensibilisation contre le sextage: «Ton selfie, ça ne regarde que toi».

Une photo, ça prend une seconde à prendre, mais une fois quelle est envoyée à quelqu'un d'autre, plus moyen d'avoir le contrôle. Avec sa nouvelle vidéo de sensibilisation, le SPVQ et ses partenaires veulent faire réaliser qu'il y a des conséquences à partager une photo intime, qu'elle soit prise par soi-même ou reçue d'un ami.

«Le jeune de 15 ans qui reçoit une photo de sa copine, qui se sépare et qui décide de mettre ça sur Facebook, on parle de possession et de distribution de pornographie juvénile», illustre le porte-parole du SPVQ, Étienne Doyon. Disons que le même adolescent a pris lui-même la photo en question, il s'agirait même de production de pornographie juvénile, des infractions qu'on retrouve dans le code criminel dont la peine minimal selon les cas est de 6 mois de prison et qui peut monter jusqu'à 14 ans d'emprisonnement.

En plus de regarder la vidéo, les jeunes peuvent aussi participer à un concours en lien avec la campagne de sensibilisation.
(Photo TC Media – Prisca Benoit)

En croissance

Malgré tout, le phénomène est toujours en croissance, d'où l'importance d'une vidéo de sensibilisation, selon M. Doyon. Alors qu'en 2012, on ne comptait qu'un seul dossier où un mineur était suspecté de distribution de pornographie juvénile à Québec, il y en a eu 16 en 2016. «On se doute très fort qu'il y en a d'autres», d'ajouter le porte-parole, bien conscient que les jeunes ne dénoncent pas tout.

Dans les milieux jeunesse, on remarque aussi l'importance que prend le phénomène du sextage dans la vie des jeunes. «On voyait que c'étaient des choses qui revenaient un petit peu chez les jeunes», raconte l'intervenante à la maison des jeunes l'Ouvre-boîte du quartier, Florence Couture Villeneuve. C'est la direction de l'établissement qui a décidé d'interpeler le service de police pour mettre en place un projet commun de sensibilisation.

Pour s'assurer que la vidéo attire l'attention des jeunes, ces derniers ont été impliqués tout au long du processus de création. «On ne voulait pas qu'il trouve ça plate», explique Étienne Doyon. La maison des jeunes a été un peu comme un intermédiaire entre le SPVQ et les adolescents. Les couleurs, la musique et les dessins ont été sélectionnés en fonction de leurs goûts.

Les conséquences peuvent être difficiles pour l'estime personnelle pour ceux et celles qui voient leurs photos partagées sur le Web. Les intervenants de la maison des jeunes recommandent de ne pas garder ça pour soi, quitte à en parler à un ami ou à un adulte de confiance.

Pour voir la vidéo, cliquez ici.