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Une entreprise funéraire de la région offre des lots aux musulmans


Publié le 26 avril 2017

Un carré musulman au cimetière de Saint-Amiens, en France.

©Claude Villetaneuse – Wikimedia Commons

RELIGION. L'entreprise funéraire Lépine Cloutier Athos a annoncé la création d'une section réservée à la communauté musulmane dans son cimetière les Jardins Québec à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Au total, 500 lots seront réservés aux citoyens de confession musulmane au cimetière les Jardins Québec à Saint-Augustin, a fait savoir le président et chef des opérations de Lépine Cloutier Athos, Yvan Rodrigue. «Pourquoi je ferais seulement 10 lots? Tant qu'à aménager quelque chose, on va donner une certaine grandeur qui va répondre aux gens pour un bout de temps», explique-t-il. L'espace représente environ 930m2 du terrain de plus de 140 000m2.

Le président et chef des opérations de Lépine Cloutier Athos, Yvan Rodrigue
(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Lépine Cloutier avait eu des discussions avec le Centre culturel islamique de Québec déjà l'été dernier pour évaluer la possibilité d'aménager un cimetière de foi musulmane. «Les gens de la communauté auraient aimé avoir leur propre cimetière, rapporte M. Rodrigue. Dans les cimetières en Amérique du Nord, on achète un droit d'utilisation, mais pas un terrain.»

«Nous, c'est une alternative qu'on offre, poursuit M. Rodrigue. On va créer une section avec eux autres. Ça va leur permettre d'avoir une option entre aller à leur cimetière qui leur appartient à Montréal. […] Ici, on est propriétaire de notre cimetière. Ce qu'on offre, c'est d'aménager une section, mais on va rester propriétaire. On ne veut pas vendre le cimetière.»

Lépine Cloutier veut maintenant s'asseoir avec les représentants de la communauté musulmane de Québec pour s'assurer d'aménager la nouvelle section selon les rites funéraires de foi musulmane. «Hier après-midi, on avait déjà des discussions avec des représentants du Centre culturel islamique de Québec», a fait savoir le président de Lépine Cloutier Athos.

Drôle de moment

L'annonce de Lépine Cloutier a fait sourciller le secrétaire du Centre islamique culturel de Québec, Mohamed Kesri lorsqu'il a appris la nouvelle dans les médias. «Ça tombe au même moment que les démarches à Saint-Apollinaire», remarque-t-il. Le projet de cimetière de la municipalité de Lotbinière reste mitigé pour certains citoyens, bien qu'il soit bien reçu à la Ville.

«Si on voulait un carré, on l'aurait eu, mais on voulait économiser pour avoir le nôtre», soutient M. Kesri. Malgré tout, ce dernier ne voit pas d'un mauvais œil la proposition de Lépine Cloutier. «Ça ne nous dérange pas du tout, assure-t-il. Ça offre un choix plus diversifié. On n'est pas contre l'idée.» Il estime que 10 000 musulmans habitent la région de Québec, dont 1000 fréquentent plus activement le Centre culturel islamique de Québec.

Formule présente à Montréal

À Montréal, un cimetière privé propose une offre similaire que ce que veut implanter Lépine Cloutier Athos à Québec. «C'est une section de 500 lots et il y a plusieurs dizaines de défunt déjà d'inhumés dedans. Ça fait déjà quatre ans qu'on est en opération.»

Ni Lépine Cloutier, ni la Ville de Saint-Augustin n'a reçu de commentaires jusqu'à présent à propos de l'aménagement d'une section de foi musulmane au cimetière de Saint-Augustin. «Je ne peux que me réjouir qu'une entreprise locale offre des services supplémentaires aux citoyens», a fait savoir le maire de Saint-Augustin, Sylvain Juneau. Ce dernier a ajouté que plusieurs familles musulmanes de la région de Québec sont installées à Saint-Augustin, sans en connaître le nombre exact.

Il faut dire que la situation est différente de la municipalité de Saint-Apollinaire où il y a une volonté d'établir un nouveau cimetière musulman. Sur la Rive-Sud du fleuve, le zonage doit être modifié pour permettre l'implantation d'un cimetière. «Ici, c'est un cimetière privé. C'est nous autres qui avons pris cette décision-là et c'est avec la communauté musulmane qu'on va faire les démarches pour s'assurer qu'on soit capable de bien servir ces gens-là», conclut M. Rodrigue.