Plus de financement réclamé pour les habitations communautaires


Publié le 7 mars 2016

COMMUNAUTÉ. L’association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ) réclame plus de financement pour des projets de logement communautaire dans la province, dont à Québec. Le groupe lançait ce lundi à Québec la campagne de publicité nationale «L’habitation communautaire: On en a besoin maintenant!».

L’annonce n’est pas étrangère aux présentations des budgets provincial et fédéral prévues d’ici la fin du mois de mars: «Ce qu’on espère, c’est que dans le prochain budget, va se traduire un investissement au fédéral et un investissement au provincial: qu’on va au moins revenir au même budget et on espère même que ce soit un peu plus élevé», commente Édith Cyr, présidente de l’AGRTQ.

Bon an mal an, 250 millions de dollars sont nécessaires à l’aménagement de 3000 unités de logement à travers le Québec. Les besoins sont tels que 10 000 projets sont actuellement en attente de financement dans la province, dont environ un millier pour la région de Québec, estime l’AGRTQ.

«On a beaucoup de projets qui sont arrêtés jusqu’à un certain point parce que le financement a beaucoup diminué», témoigne Armand Saint-Laurent, coordonnateur d’Action-habitation à Québec, «donc, c’est sûr qu’on est moins ardent de partir des groupes, même s’il y a des besoins.» Pour évaluer la demande, le taux d’inoccupation n’est pas révélateur, insiste-t-il, puisque le nombre de condos pèse dans la balance. Difficile toutefois selon lui de chiffrer combien de personnes sont en attente d’un logement communautaire, vu que les listes d’attente des différents organismes ne sont pas mises en commun.

Salubrité et ressources communautaires

Sur place pour le lancement de la campagne, deux locataires d’habitations communautaires ont témoigné du changement qu’un tel service leur apporte.

Martin Duval déménagera dans un nouveau logement du centre-ville sous peu. Pour lui, l’accès au logement communautaire signifie «d’avoir un 3 ½ à la place d’un 1 ½, d’être sûr qu’il n’y a pas moisissures dans les murs, d’être bien traité. Je vais pouvoir bien m’alimenter, me remettre en forme», résume celui qui confie être aux prises avec plusieurs ennuis de santé. «C’est vraiment un poids qui s’enlève de mes épaules.»

«Si ça avait existé il y a quelques années, ça m'aurait encore plus aidé dans mon cheminement de vie», a quant à lui confié Bernard Simard, 60 ans. Aux prises avec des problèmes de santé mentale, il raconte avoir souvent déménagé d’un logement insalubre à l’autre. Maintenant locataire d’un logement subventionné, l’homme dit apprécier pouvoir briser son isolement et s’adonner au bénévolat: «Ça m’en met plus dans les poches pour faire ce que j’aime dans les organismes». 

Les habitations communautaires sont notamment différentes des habitations à loyer modique en ce sens qu’elles sont la propriété d’un organisme à but non lucratif ou encore de ses occupants, qui peuvent être regroupés en coopératives.

Québec Hebdo