Les doctorants en psychologie manifestent pour la rémunération de leur internat


Publié le 6 octobre 2016

SANTÉ. Le parvis de l'Assemblée nationale s'est transformé en salle d'attente géante jeudi midi, alors que les doctorants en psychologie du Québec manifestaient le besoin de voir leur internat rémunéré.

À la cinquième semaine du boycottage de leur internat, les étudiants en psychologie se sont rassemblés à Québec et à Montréal pour presser le gouvernement de leur fournir une rémunération dans le cadre de leur formation, à l'image des médecins, pharmaciens et infirmières spécialisées. Plus d'une cinquantaine de personnes se sont réunies devant l'Assemblée nationale, chaise et magazine en main, simulant une salle d'attente.

«C'est une manifestation passive-agressive», a lancé à la foule le président de la Fédération interuniversitaire des doctorant.e.s en psychologie (FIDEP), Eddy Larouche. «En santé mentale dans le public, s'il n'y a pas de crise urgente, les gens peuvent attendre facilement jusqu'à six mois, voire un an pour consulter, ajoute-t-il. Ce qu'on représente, c'est toute l'attente que les gens doivent subir et qui va être encore plus importante cette année parce qu'on n'est pas là pour fournir des services dans le réseau.»

Depuis décembre 2015, les membres de la FIDEP menaçait de boycotter leurs stages et internats pour l'année 2016-2017 advenant l'inaction du gouvernement. Au début de la session d'automne, aucun étudiant de la FIDEP n'a participé à ses stages et internats.

«Ça représente par année au Québec environ 12 000 étudiants en formation clinique», explique M. Larouche. Au Québec, les internes en psychologie peuvent réaliser 80% de la tâche d'un psychologue diplômé.

Étudiants endettés

La pression peut devenir forte sur les épaules de plusieurs étudiants en psychologie qui voient leurs dettes augmenter sans revenu pour l'éponger. «Déjà que la moyenne d'endettement est très haute chez les étudiants en général, quand on fait un doctorat, c'est encore plus élevé», renchérit Eddy Larouche. Selon lui, l'accumulation de dettes durant leurs études oblige les doctorants à accepter des postes au public qui vont être plus instables et avoir moins de certitude d'emploi.

«Actuellement, des gens hautement qualifiés se retrouvent attirés vers le système privé lorsqu'ils reçoivent leur diplôme, estime Diane Lamarre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé et d'accessibilité aux soins et députée de Taillon. On pourrait lier cette rémunération demandée à une obligation pour ces jeunes psychologues de rester dans le système public pour deux ans ou plus. C'est une façon d'avoir rapidement 250 psychologues de plus dans le système public.»

La non-rémunération force plusieurs internes à se tourner vers un travail à temps partiel durant la fin de semaine. «Quelqu'un qui est obligé de faire deux jours de fin de semaine en plus de cinq jours de thérapie, un moment donné, il n'y a plus d'énergie», ajoute le porte-parole de la FIDEP.

Depuis 10 ans, les étudiants en psychologie au Québec doivent réaliser un doctorat pour compléter leur formation. Le programme comprend trois stages les premières années et un internat d'un an à temps plein pour la dernière année. «Au Québec, quand les décideurs ont mis en place l'internat, ils n'ont pas prévu d'argent pour le rémunérer, résume Eddy Larouche. Ce qu'on demande, c'est une mise à jour à ce qui se fait partout ailleurs et qu'on obtienne une rémunération dès cette année.»

Québec Hebdo