Manifestation contre l'islamisme radical dérangée


Publié le 15 octobre 2016

SOCIÉTÉ. Quelques dizaines de personnes étaient rassemblées à Québec samedi midi pour manifester contre l'islamisme radical. Des militants de gauche ont chambardé l'arrivée des manifestants devant l'Assemblée nationale.

«Islam, assassin», «l'Islam n'a pas sa place au Québec, ni ailleurs», «Québécois, où est passée votre fierté?»: tels étaient les slogans qu'on pouvait entendre dans les rues de Québec samedi lors de la manifestation organisée par le groupe de droite Les Justiciers du peuple. Plusieurs autres groupes de la droite radicale, dont Pegida Québec, La Meute, les Soldats d'Odin et Atalante Québec ont rejoint les rangs des manifestants.

Les membres de différents groupes ne semblaient pas s'entendre sur la nature de la manifestation. Alors que certains disaient lutter contre l'islamisme radical, d'autres mettaient plutôt la faute sur l'immigration et la religion musulmane. «Chaque groupe a son point qu'il défend. C'est la différence de tous les groupes qui fait qu'on est uni. À la gang, on va arriver à se faire entendre», a affirmé la militante.

Sur la page Facebook de la manifestation, plusieurs appels au calme avaient préalablement été faits par les organisateurs qui s'attendaient à avoir la visite de militants de gauche lors de l'événement. «On n'est pas là pour se battre, on est juste là pour défendre nos droits», a laissé savoir une dénommée Katie avant le départ.

«Les gens ici militent aujourd'hui pour que le gouvernement dénonce fermement l'islam radical et s'y oppose, ce qui n'a pas été fait encore», mentionne le vice-président national de Soldats d'Odin, un groupe affilié au groupe anti-immigration finlandais du même nom, Dave Tregett. Le groupe était là pour surveiller le comportement des militants dans l'éventualité où des groupes d'opposants se joindraient à la manifestation.

Après avoir quitté le parc de l'Amérique française, point de départ de la marche, les manifestants se sont dirigés vers l'Assemblée nationale où des militants de gauche les attendaient de pied ferme. «Pas de merci pour l'islamophobie, les fachos ne sont pas les bienvenus ici», pouvait-on lire sur leur banderole. Les policiers de la Ville de Québec se sont interposés entre les deux groupes.

Les discours tenus par les participants de la manifestation devant la fontaine de Tourny ont rapidement été hués par les opposants tentant d'enterrer les propos. «On est là pour dénoncer l'islamophobie, le comportement raciste de ces personnes-là qui commettent des attaques violentes à Québec, autant homophobes qu'islamophobes et la responsabilité des médias au Québec qui participent à accentuer le sentiment d'islamophobie dans la population, a fait savoir un manifestant ne voulant pas s'identifier par peur de représailles. Nous, on est non seulement pour la tolérance, mais aussi l'acceptation et la solidarité.»

Pour la militante activiste musulmane, Cora Le Moyne, les participants à la manifestation anti-islamisme radical sont plus radicaux qu'ils le laissent entendre. «Moi aussi, je me bats contre le fondamentalisme religieux qu'il peut y avoir, mais c'est tellement des petites cellules que c'est loin d'être un danger, estime-t-elle. C'est un gros paquet d'ignorance. Dès que je suis arrivée ici et qu'ils ont vu mon hijab, on a entendu les insultes et les calomnies. On me dit de retourner chez nous, pourtant, je viens de Granby, où voulez-vous que j'aille? On ne parle plus de peur, on parle d'un confort visqueux dans la haine.»

Québec Hebdo