Peu connu du grand public, ce genre de crédit plus accessible aux petits entrepreneurs vise les gens non inclus dans les politiques de développement, dont les gens dont le dossier de crédit contient des lacunes.
Ce service de proximité est disponible depuis 10 ans à Québec. Certaines entreprises bien connues comme la Barberie et la Boîte à Pain ont d’ailleurs bénéficié de ce genre de crédit à leur début, deux exemples de réussite patents. Les amants de la fruitée Blanche aux mûres, de la sévère Stout Impérial ou des baguettes de pain chaudes peuvent donc se réjouir que les propriétaires n’aient pas jeté la serviette au premier refus de la banque, au démarrage de leur entreprise.
La façon de faire des 22 organismes qui font du microcrédit est toutefois différente des grandes banques. En plus de prêter à des entrepreneurs dits «plus à risque», les organismes vont apporter un soutien à l’entrepreneur qui se lance dans l’aventure d’un premier commerce. Celui-ci sera suivi et conseillé sur la gestion de l’entreprise, et pourra ainsi développer – en parallèle à son commerce – des compétences entrepreneuriales.
L’argent prêté par les organismes membres du Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC) – qui existe depuis plus de 20 ans – provient d’organisations et de citoyens du milieu. Car dans la cour du crédit communautaire, c’est le principe de solidarité qui prévaut. Comme l’indique la directrice générale du RQCC, Lucie Villeneuve, c’est «la communauté qui prête à la communauté».
De microcrédit à microbrasserieLe directeur général de la Barberie, Bruno Blais, doit beaucoup à ce genre de crédit et au soutien qui l’accompagne. «Nous, les gens d’entreprises, on a une idée, mais on n’est pas nécessairement des gestionnaires.» Il croit ainsi que les rencontres hebdomadaires pour faire le suivi des recettes l’ont grandement aidé à mener à bien sa microbrasserie. Cette dernière est d’ailleurs encore liée au fonds d’emprunt par la Brasse-camarade, une bière brassée ici dont une partie des recettes est retournée au crédit communautaire, une façon de redonner à d’autres petites entreprises qui démarrent. De plus, selon Lucie Villeneuve, pour chaque dollar investi, le gouvernement en retire 1,32$. C’est que ces initiatives font souvent en sorte que des prestataires d’assurance-emploi ou d’assistance sociale se retrouvent à payer des impôts, ce qui contribue du même coup à l’essor de la collectivité.







