Mais comment faire ressortir quelque chose de positif avec le sadomasochisme, un thème plutôt marginal et pas très sympathique pour le touriste moyen? «Je n’ai pas tout de suite la réponse. Le point essentiel pour moi, c’est l’énergie. Quand vous avez une tension, vous avez de l’énergie. L’énergie, c’est merveilleux. Le grand danger, c’est quand vous n’avez pas d’énergie.»
Une énergie qui n’est pas étrangère au 400e anniversaire de Québec, confirme le docteur Rapaille. Pour lui, il y a une dimension de changement qui est née en 2008, et c’est cette dimension qu’il tentera de capturer et de communiquer.
Clotaire Rapaille a écouté la radio de Québec. Il n’a pas aimé. «Vous aimez les poubelles, vous?», a-t-il répondu lorsque la question lui a été posée. Malgré tout, le phénomène n’est pas dénué de tout intérêt : «Ça marche parce qu’on est un peu sado-maso. On aime qu’on nous casse du sucre sur le dos et qu’on détruise tous ceux qui ont envie de faire quelque chose de bien.»
Les Québécois sont, pour le psychanalyste, des gens plutôt extrêmes. «Vous aimez et haïssez très fort.» Des gens qui peuvent autant déprimer sévèrement qu’exprimer leur fierté avec un grand enthousiasme, constate-t-il.
Clotaire Rapaille fait coucher les gens qui participent aux groupes de discussion. La première heure, il les écoute. Ils ont beaucoup à dire, mais souvent ce sont les mêmes choses qui reviennent. Des éléments la plupart du temps inintéressants pour le doc. C’est une sorte de «purge» du cortex, soutient-il.
On entre ensuite dans le limbique, ce qui intéresse davantage le spécialiste. L’émotion, le j’aime ma ville. Il cherche la première empreinte que la ville a laissée dans ses habitants. «Le contenu ne m’intéresse pas.» L’intérêt réside plutôt dans les liens existants entre ceux-ci, dans la structure sous-jacente. Et les Québécois sont «complètement dans le limbique », croit-il, parce qu’ils sont en amour avec leur ville. Ils sont les «émotionnels», à mi-chemin entre le caractère «long terme, to keep» des canadiens anglais et le «reptilien, l’adolescence, le just do it» des États-uniens, toujours dans l’action.
Le codeLe code que Clotaire Rapaille cherche existe depuis belle lurette. Il suffit de le trouver, dans des articles de journaux, des livres, des films. La grande séduction (le film) est rempli de ces éléments constituant le code, dit-il.
Mais avant de le communiquer au reste du monde, il faut le trouver et s’assurer que les touristes trouveront ce qu’ils chercheront en venant à Québec, selon ce qu’on leur aura vendu. Quelque chose qui relève plus du ressenti que de la matérialité.
Clotaire Rapaille a aussi réitéré que son salaire de 300 000$ était justifiable par ce qu’il va rapporter. «Pourquoi quand on fait un travail qui a de la valeur, on ne peut pas demander le prix?» Il rappelle que le PT Cruiser de Chrysler, sur lequel il a travaillé, s’est vendu à 2,5 M d’exemplaires.







