Jadis simple utilisateur de matériel informatique, Maurice Blouin a contribué à concrétiser le projet. Lors d’une visite à l’Institut de réadaptation de Montréal, il avait vu des ordinateurs. À cette époque, l’équipement informatique coûtait très cher.
«L’idée de dire à l’époque que l’informatique se développe et va se développer est toujours pertinente aujourd’hui, explique-t-il. L’informatique se développe toujours énormément. Il y a toujours de plus en plus d’applications qui vont servir aux gens qui ont une déficience.»
Dans le cadre du programme, l’IRDPQ accueille environ 150 élèves par année. Ces derniers participent à des activités adaptées à leurs besoins. La moyenne des gens passent 11,5 heures par semaine dans le local d’informatique. On y compte une centaine de logiciels et une quarantaine d’ordinateurs.
Au cours des 20 dernières années, 3000 personnes ont pris part au programme d’intégration. Ils ont ainsi gagné une certaine autonomie dans leur vie, que ce soit pour s’informer, effectuer des transactions bancaires ou participer aux discussions sur les forums.
L’objectif consiste à développer leurs habiletés en communication et leur capacité de participation sociale. «L’ordinateur est un instrument de communication extrêmement puissant et adaptable aux déficiences physiques et intellectuelles.»
Spécialiste de la réadaptation en déficience visuelle à l’IRDPQ, Louis Deschênes fait partie des gens fonctionnellement voyants. Ce dernier utilise le logiciel Jaws, lequel fait une revue sonore et tactile.
«Il fait une synthèse vocale de ce qui se passe à l’écran et peut aussi l’afficher en braille», explique-t-il devant son clavier adapté de 40 caractères.
Avant de débuter l’informatique, les élèves doivent d’abord s’initier à la méthode de dactylo, puis apprendre le braille de base, abrégé et celui conçu pour l’ordinateur. Le tout peut donc prendre quelques mois.
«La grande difficulté, c’est que Windows est développé pour le visuel, indique-t-il. Il est fait pour les voyants, pour la souris. Quand on enseigne Windows, il faut aussi enseigner les concepts de fenêtre et de boîte de dialogue...»
Lui aussi fonctionnellement voyant, Guillaume Desrosiers utilise pour sa part le logiciel Zoom Text, différent de Jaws. Comme le nom traduit l’indique, il permet de grossir et rendre visibles les caractères à l’écran.
Technicien en informatique à l’IRDPQ, il utilise le programme tous les jours dans le cadre de ses fonctions. Grâce à celui-ci, il peut entre autres naviguer sur Internet, écrire dans Word ou traiter ses photos avec Photoshop.
«Ce qui est important de savoir, c’est qu’au lieu de faire une recherche visuelle, l’information arrive à nous par les oreilles, les doigts ou les yeux», explique Louis Deschênes.
Certaines personnes utilisent un clavier spécialisé, d’autres un pointeur. Nombreux, les outils dépendent du type de déficience.







