«Dans cette période, j'ai participé à neuf Jeux olympiques d'été ou d'hiver, mentionne dans un premier temps Gérard Potvin. Cela a débuté par les Jeux d'été de Munich en 1972, J'ai ensuite participé aux jeux d'été de 1976 à Montréal, d'hiver de 1980 à Lake Placid, d'hiver et d'été de 1984 à Sarajevo et Los Angeles, d'hiver et d'été de 1988 à Calgary et Séoul et d'hiver de 1994 à Albertville.»
À cette liste d'événements sportifs internationaux des plus imposantes, il faut ajouter des participations à plusieurs éditions des Jeux panaméricains, des Jeux du Commonwealth, des Universiades et à des Jeux du Canada.
«Même si j'ai refusé à trois reprises des transferts à Montréal de manière à demeurer à Québec pour profiter de sa qualité de vie qui n'avait pas de prix à mes yeux, cela ne m'a pas empêché de faire une carrière internationale fort intéressante et bien remplie. J'aime dire que j'ai aidé à développer lors de mon passage à Québec, soit de 1969 à 1995, un total de 33 analystes que j'ai côtoyés en animant des émissions comme les Héros du samedi, l'Univers des sports, Hebdo Sports, etc.», de préciser celui qui a fait ses premières armes à la radio de CFGT à Alma.
Sa première affectation à des Olympiques en 1972 à Munich en Allemagne l'a marqué pour la vie.
«Je revenais de souper en taxi une soirée de congé quand le chauffeur s'est mis à pleurer en écoutant un bulletin spécial diffusé à la radio, de se rappeler le journaliste. Je lui demande ce qui se passe et il me dit qu'il y a présentement une tuerie au village olympique des athlètes. Je lui demande de m'emmener directement à cet endroit. De là, j'ai été le premier journaliste à parler de la mort de nombreux Israéliens impliqués dans l'histoire de Fedayn. C'est certes un moment marquant de ma carrière.»
Le résident de Sainte-Foy se remémore pourtant que les Allemands voulaient tellement faire oublier les Jeux de Berlin en 1936 où on avait ridiculisé Jesse Owens.
«Avant ce drame, tous les policiers affectés à la sécurité étaient habillés en habit bleu pâle avec une casquette blanche et sans arme. Le lendemain, tous étaient vêtus en habit de camouflage avec un brassard noir sur le bras. Les militaires reprenaient alors le contrôle de la situation après plusieurs heures d'interruption des jeux. L'ambiance avait alors changé du tout au tout, de préciser Gérard Potvin.
C'est cependant aux Jeux d'hiver de Sarajevo en 1984 que le journaliste et commentateur vivra les plus beaux moments de sa carrière, et ce, en accompagnant le patineur de vitesse Gaétan Boucher dans la conquête de ses deux médailles d'or aux 1 000 et 1 500 mètres.
«J'avais effectué en décembre 1983 une entrevue avec Gaétan en lui demandant ses prédictions pour Sarajevo. Il m'a alors dit que s'il faisait un Top 5 aux 500 mètres, il remporterait l'or aux 1 000 et 1 500 mètres. C'est d'ailleurs en plein l'exploit qu'il a finalement réalisé», de poursuivre M. Potvin.
«À mon arrivée à ces Olympiques, je m'enquiers de l'horaire de couverture du patinage de vitesse, particulièrement lors des courses de Boucher qui m'a promis deux médailles d'or. On a ri de moi et j'ai même fait des paris sur cette prédiction qui ont été bien rentables pour moi. Après sa médaille de bronze, on m'a pris un peu plus au sérieux. On a par la suite donné plus de temps d'antenne aux courses de Gaétan, décision que Radio-Canada n'a jamais regrettée», d'expliquer le journaliste retraité.
À chacune de ses participations à des Jeux olympiques, Gérard Potvin faisait une provision incroyable d'épinglettes pour éventuellement se monnayer certains privilèges.
«Les épinglettes, c'est la monnaie de singe par excellence des grands rendez-vous mondiaux. À Sarajevo, j'avais pu obtenir un brassard qui me permettait d'entrer partout. J'avais ainsi pu sabler le champagne avec Gaétan au milieu de la piste à la suite de la conquête de sa deuxième médaille d'or. Il m'a accordé une entrevue exclusive peu de temps après être devenu l'athlète canadien le plus médaillé de l'histoire des jeux».
Après avoir suivi aux quatre coins de la planète les exploits du patineur de vitesse, Gérard Potvin a bouclé la boucle en analysant les épreuves de patinage de vitesse longue piste des Jeux d'Albertville avec Gaétan Boucher.
Parmi les autres souvenirs impérissables de ses participations à des Jeux olympiques, le Fidéen note la victoire des Américains au hockey de Lake Placid, la présence des joueurs de basketball professionnels à Los Angeles, le chant du cygne de Gaétan Boucher et le patinage de vitesse courte piste en démonstration à Calgary et l'arrivée du patinage de vitesse courte piste à Albertville.







