«J’en étais à mes premières armes comme entraîneur et à ma première expérience dans un environnement espagnol, indique dans un premier temps Keven Fiset. Au début de mon séjour là-bas, il était difficile de communiquer mes idées dans la langue du pays. Au fur et à mesure que la saison progressait, mon espagnol s’améliorait. J’ai même réussi en fin de saison à faire les discours de fin d’entraînement devant tous les membres de l’équipe, et ce, en me faisant comprendre parfaitement.»
Le football nord-américain étant un sport qui se pratique depuis peu en Espagne, tout était à faire pour le joueur-entraîneur québécois.
«J’ai donc dû commencer par la base du football, car il ne savait absolument rien du football. Ma tâche était d’abord d’entraîner les juniors, des joueurs âgés de 13 à 18 ans, avant de faire de même avec les seniors. En plus de superviser les entraînements, je jouais également, en défensive comme en offensive en plus des unités spéciales comme spécialiste des longues remises. Disons que ce fut exigeant pour le physique et le cardio et que je n’avais pas beaucoup de temps pour me reposer. Une chance que le calibre était plutôt faible. La plupart des gars sont des maniaques de soccer bien avant le football. Ils étaient donc en retard physiquement, l’entraînement musculaire étant loin d’être une priorité pour eux», de préciser celui qui n’a pas eu de problème de ce côté.
Dans la ligue où le Québécois entraînait et jouait, les équipes n’avaient droit qu’à utiliser trois joueurs dits importés, soit des sportifs provenant du Canada, des États-Unis, du Mexique et du Japon. Les équipes pouvaient utiliser autant de joueurs de l’Union européenne qu’elles le voulaient.
«Il y avait donc plusieurs Italiens qui évoluaient au sein du circuit. Tant qu’à être en Europe, j’ai voyagé pour la peine, principalement dans les pays de l’Est. J’en ai aussi profité pour rendre visite à ma copine qui vient de la Suède. Nous en avons profité pour visiter ensemble l’Italie. Personnellement, j’ai fait le plein de culture espagnole pendant les quelques mois où j’ai été à Valence. Il y a un festival, Las Fallas, où les gens allument des pétards tous les jours du mois de mars. J’ai aussi été invité régulièrement à manger dans les familles des joueurs. Somme toute, j’ai vécu toute une expérience», de se remémorer Keven Fiset.
Football 101C’est à l’âge de 8 ans que le jeune Fiset commence à jouer au football. Il accompagnait alors son père, Yves, qui était l’un des entraîneurs du Laser de l’école Saint-Pierre et des Sentiers. En compagnie de Simon Bégin, il apprend les règlements et les techniques de base du football. Son cheminement scolaire l’amène par la suite au Séminaire Saint-François où il s’inscrit au sport-études golf et football. Après un an, il abandonne le golf et se consacre au football jusqu'en cinquième secondaire.
Il débute ensuite des études dans un high school américain au Michigan avant de rentrer au bercail et d’évoluer pour le Laser des Sentiers comme receveur de passes. L’équipe atteint alors la demi-finale du Bol d’or québécois. Il évolue ensuite pendant deux ans pour le Campus Notre-Dame-de-Foy. À sa deuxième année, il est nommé sur l’équipe d’étoiles du réseau collégial «AA». Les équipes des universités McGill, Sherbrooke et Laval le courtisent pour le convaincre de joindre les rangs de leur formation. Après réflexion, il opte pour le Rouge et Or, «une décision que je ne regretterai jamais», tient-il à préciser.
Il apprend alors que le travail acharné et le fait de repousser ses limites seront ses meilleurs alliés. Il ne joue pas régulièrement lors de ses trois premières saisons et une blessure en milieu de saison 2008 le fait presqu’abandonner le football. Il décide de rester avec l’équipe et obtient un poste de partant en 2009 et 2010.
«Je pense avoir gagné le respect et la confiance du personnel d’entraîneurs en travaillant d’arrache-pied aux entraînements et en gymnase. Ma discipline de travail a aussi fait pencher la balance en ma faveur. À partir d’août prochain, je tenterai de transmettre mes connaissances comme entraîneur de la ligne offensive au Campus Notre-Dame-de-Foy. Quelques minutes après avoir gagné la Coupe Vanier devant nos partisans, les deux entraîneurs du Campus, Marc-André Dion et Pierre Tremblay, m’attendaient pour m’offrir le poste. J’y ai réfléchi et j’ai accepté leur invitation. Je joins une organisation qui peut aspirer aux grands honneurs», de conclure Keven Fiset.
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