Se déplacer à vélo tous les jours, pourquoi pas?

Philippe Rodrigues-Rouleau
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Le programme Vélo-Ville courtise les employeurs

Le programme Vélo-Ville, initié par le Centre de gestion des déplacements du Québec métropolitain (Mobili.T), fait le pari audacieux d’inciter plus de gens à troquer la voiture pour le vélo au quotidien. Pour y arriver, Vélo-Ville ne cible rien de moins que les employeurs.

Marc Tremblay, le responsable de Vélo-Ville chez Mobili.T, espère que son organisation remportera l’appel d’offre de l’Université Laval l’an prochain et qu’elle pourra ainsi continuer de servir cette clientèle. (Photo Philippe Rodrigues-Rouleau)

Depuis sa création en 2004, le programme Vélo-Ville offre des vélos libre-service aux milieux de travail et aux établissements scolaires qui le désirent. Moyennant quelques centaines de dollars par bicyclette, les employeurs qui souscrivent au programme peuvent alors proposer une alternative écologique à leurs employés pour leurs déplacements. La durée des prêts est normalement d’une journée. Et il n’en coûte absolument rien aux travailleurs pour se prévaloir du service.

Si cette initiative ne représente pas une solution pour ceux qui souhaiteraient pédaler jusqu’au travail, il n’en demeure pas moins que ce service peut contribuer à modifier les comportements croit Marc Tremblay, responsable de Vélo-Ville chez Mobili.T. Ce dernier estime qu’un employé habitué à utiliser les vélos libre-service à l’heure du dîner ou pour se rendre à ses rendez-vous professionnels au cours de la journée sera peut-être plus enclin ensuite à enfourcher sa propre bicyclette pour se rendre au bureau.

À l’heure actuelle, sept entreprises et ministères font profiter leurs employés de ce programme à Québec. M. Tremblay reconnaît toutefois que les employeurs qui peuvent dispenser le service ne sont pas légion. «L’employeur doit être prêt à faire des petits aménagements comme installer des supports à vélo. Ça, c’est le minimum. Un abri, si possible, puisque c’est plus plaisant lorsque le vélo est sec. Et il y a beaucoup d’endroits où ils doivent se munir de casiers et de douches, parce que quand l’employé arrive, il peut avoir chaud», explique-t-il.

Un travail de persuasion

Malgré les coûts qu’occasionnent de tels ajustements, M. Tremblay observe néanmoins une volonté grandissante des employeurs d’accommoder les cyclistes. C’est pourquoi Vélo-Ville s’assure de donner tous les outils aux entreprises participant au programme afin qu’elles rentabilisent leur investissement. Des cartes présentant la longueur des distances à parcourir, les points d’intérêt de même que les pistes cyclables situées à proximité du lieu de travail leur sont notamment acheminées pour qu’elles diffusent ensuite l’information à leurs employés. La possibilité de prêter des vélos électriques est un autre atout qui séduit.

Dans la même optique, Vélo-Ville tient des kiosques dans les milieux de travail dans l’espoir de convaincre plus d’employés d’utiliser les bicyclettes gratuites mises à leur disposition par l’employeur. «On dit souvent aux gens que s’il leur manque deux ou trois tomates pour le souper, au lieu d’y aller à 5 heures avec la voiture alors qu’ils doivent courir pour aller chercher les enfants, ils pourraient y aller sur l’heure dîner. Souvent il y a des épiceries près des lieux de travail, il suffit de mettre tout ça dans le panier à l’avant du vélo. Comme ça à 5 heures, vous pouvez rentrer à la maison sans soucis», illustre le responsable de Vélo-Ville.

Pour M. Tremblay, il importe surtout de «sortir de la tête des gens l’idée que le vélo, c’est juste pour le week-end». Il mentionne au passage qu’il n’est pas nécessaire de dépenser des centaines de dollars en vêtements spécialisés pour enfourcher une bicyclette. Et qu’il est possible, au demeurant, de rouler en complet-cravate…à condition de porter un casque.

Organisations: Université Laval

Lieux géographiques: Québec

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