«Je rêve de donner une série de conférences», exprime celui qui est marié à une Juive sioniste (partisane de l'État d'Israël) convaincue, Lori, qui a d'ailleurs été la bougie d'allumage de sa conversion.
«Elle est juive d'origine, mais pas pratiquante, mais elle a été ma porte d'entrée vers ce milieu que je ne connaissais pas», explique celui qui a été longtemps agnostique (septique face à la religion et à la métaphysique), bien qu'il soit issu d'une famille catholique pratiquante. «Contrairement aux chrétiens qui croient que Jésus est mort et ressuscité, les Juifs croient que le Messie va venir un jour», poursuit-il.
Richard Marceau a donc plongé dans le judaïsme et ses rituels associés en 2004, tout comme il a plongé en politique en tant que député bloquiste de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles de 1997 à 2006, en assurant trois mandats.
«Je sentais qu'il manquait quelque chose à ma vie. J'ai beaucoup lu sur le judaïsme et c'était la première fois que je remarquais des gens qui n'habitaient pas une région être si émotivement impliqués dans un conflit [israélo-palestinien]. Être juif, c'est vraiment faire partie d'un peuple. Ça fait 250 ans que les Juifs sont au Québec», témoigne M. Marceau.
Dans la Ville de Québec, une ancienne maison sur le chemin Saint-Louis a été transformée en synagogue. Notons que l'actuel Théâtre Périscope sur la rue Salaberry a déjà assumé cette fonction. Selon M. Marceau, la communauté juive de Québec compte près de 250 membres.
L'ex-député bloquiste avoue que sa conversion a eu un impact notable sur les membres de sa famille. «Ma femme est plus pratiquante qu'avant et mes enfants sont élevés comme des Juifs. Quand l'un de mes fils a eu 13 ans, nous sommes allés en Israël pour qu'il célèbre la Bar mitzvah [rituel soulignant le passage de l'enfance à l'âge adulte], un peu l'équivalent de la confirmation catholique», raconte-t-il.
«Devenir juif au Québec, ça voulait dire devenir membre d’une communauté envers laquelle une importante partie de la société québécoise entretient une certaine méfiance. Et une méconnaissance certaine» - Extrait de l’essai «Juif, une histoire québécoise» de Richard Marceau
Contributions
En entrevue avec l'auteure de ces lignes, Richard Marceau précise que contrairement à la croyance populaire, les Juifs ne sont pas tous riches à craquer et certains même sont francophones. «Il y a 25% de Juifs qui sont de langue maternelle française et 20% vivent sous le seuil de la pauvreté. Quant à ceux qui portent les papillotes [bigoudis], c'est seulement 10% de la population juive québécoise», indique M. Marceau.
Celui-ci note au passage quelques contributions des Juifs à la société québécoise, comme le trophée Hart pour les joueurs de hockey, le Centre canadien d'architecture mis sur pied par Phyllis Lambert ou encore la famille Bronfman et leur vaste contribution à l'art dans la région montréalaise.
Signe que Richard Marceau n'a pas tiré un trait sur la politique, celui-ci travaille au Centre consultatif des relations juives et israéliennes, à Ottawa, à titre d'avocat et conseiller politique de l'organisation.
«J'aime faire une différence dans le monde, c'est l'une des motivations qui m'a poussé à faire de la politique. J'explique maintenant à communauté juive au monde politique», conclut celui qui dit avoir trouvé un sens à sa vie. Il vient de publier un essai intitulé «Juif, une histoire québécoise», aux Éditions du Marais.
Charlesbourg Express, membre du Groupe Québec Hebdo.








