Le cœur «saigne» aussi; les émotions à fleur de peau sont jetées au visage du public, dans un texte empreint de poésie. La première création de Steve Gagnon mise en scène par Frédéric Dubois projette la lumière sur un jeune couple incarné par Gagnon lui-même et Claudiane Ruelland dans le rôle de la jeune femme.
Lui, brun ténébreux à l’humeur triste, se sent fatigué comme une chaise qui craque. Elle, énergique et lumineuse comme un ange, à laquelle le jeune homme va tenter de s’accrocher pour ne pas tomber. Pour ne pas sombrer.
La comédienne porte la pièce sur ses épaules. C’est elle qui exprime toute cette rage et toute cette déchirure, cette boule de tristesse qui l’envahit suite à la mort de son ami de coeur. Un an après le décès de son amoureux, la jeune femme retourne à la montagne rouge, lieu de refuge, de baisers, mais aussi de révélations.
S’engage alors un dialogue dénonçant les discours stériles et les normes pouvant nous enfermer dans une bulle de conformité, pour ne pas déranger les autres. Mais avant la mort, la vie, elle, doit-elle supporter le poids des pensées stérilisées?
Steve Gagnon signe une œuvre sensible, profonde et engagée, interpellant le spectateur à réfléchir sur le sens de la vie. Mais aussi sur le regard porté vers le monde.
La représentation de ce soir a lieu à 21h et celle de demain, à 19h. Le studio d’essaie du complexe Méduse est situé au 591, rue Saint-Vallier Est. Information: www.carrefourtheatre.qc.ca
Rage et déchirure sur la montagne rouge
Claudiane Ruelland porte la pièce La montagne rouge sur ses épaules. Steve Gagnon signe la pièce dans laquelle il interprète un jeune homme triste, fatigué.(Photo Véronique Demers)
Rage et déchirure viennent colorer La montagne rouge (SANG) de Steve Gagnon, présentée jusqu’à demain au studio d’essai du complexe Méduse, dans le cadre de la 11e édition du Carrefour international de théâtre.
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