C'est à Montréal au coin des rues Ontario et de Lorimier qu’Iryna Karba a appris à maîtriser cet art traditionnel ukrainien. À l'âge de sept ans, elle confectionne, pour la première fois, une pyssanka, il y a de cela plus de 60 ans. Les premières années elle en faisait une douzaine par année, elle peut en faire jusqu'à cinq douzaines par mois, en moyenne 200 et 300 œufs chaque année.
Les œufs de Pâques ukrainiens, que l'on nomme «pyssanka» (l'œuf-écrit) constituent l'une des plus belles traditions entourant Pâques. La beauté et la finesse de leur décoration en font de véritables œuvres d'art. Directement lié à Pâques, l'œuf est synonyme de vie et les motifs dont on les pare sont des symboles ayant tous une signification. Les motifs ornant les œufs de Pâques ukrainiens traduisent toujours des vœux de bonheur, de prospérité et de vie éternelle pour celui ou celle qui les reçoit. En effet, il y a trois sortes de symboles, les symboles géométriques, les végétaux et les animaux. Certains sont très faciles à comprendre, par exemple : le soleil est un signe de joie et de bonheur, la pomme est le fruit des Dieux, le papillon symbolise la résurrection. Il est très important pour les femmes qui les fabrique de faire leur signe de croix et de murmurer : «Mon Dieu aidez-moi», avant de commencer la réalisation.
Bien que le travail exige une grande dextérité, la technique à adopter, qui se nomme le batik, est relativement simple, on doit utiliser des œufs crus que l'on ne vide pas, surtout si on compte l'offrir à quelqu'un, puisque l'œuf plein, signifie la vie. On doit dessiner les motifs voulus sur la surface de l'œuf avec le kistka, un petit stylet qui sert à tracer la cire. Ensuite, on doit appliquer de la cire sur les parties que l'on veut blanche. On plonge l'œuf dans la teinture jaune et on applique de la cire sur les parties que l'on veut jaune et on répète l'opération pour les couleurs désirées. Pour finir, on doit appliquer une couche de verni, que l'on mettra dans le creux de la main pour y roulé l'œuf. Il est possible de les conserver pendant de longues années. Si l'œuf est abîmé lors de la confection, on ne doit pas le jeté à la poubelle, on l'enterrera sur la tombe d'un membre de la famille.
Le prix des œufs varient de 12$ à plus de 100$ selon le travail exigé. Toutes les sommes recueillies par Madame Karba sont remises à divers hôpitaux de Québec et Montréal.
À la découverte des traditions de Pâques ukrainiennes
Fairmont Le Château Frontenac fait découvrir à toute la population la tradition des œufs de Pâques ukrainiens du jusqu’à demain (de 9h00 à 17h00) dans le Grand Hall de l'hôtel, en compagnie d’Iryna Karba, d'origine ukrainienne et professionnelle de cet art unique. Les visiteurs pourront observer Madame Karba exercer son art ainsi que faire l'achat des œufs en démonstration.
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