Souvent stigmatisées, les tâches d’un préposé d’aide domestique sont plus larges qu’effectuer rapidement le ménage chez des clients de façon routinière. Pour parvenir à entrer respectueusement dans l’intimité d’aînés et de personnes en perte d’autonomie, l’employé doit être prêt à s’adapter à toute situation en faisant preuve d’une grande écoute, comme l’explique Barbara Hodgson, préposée depuis trois ans : «On n’est pas là pour changer les habitudes des gens chez qui nous nous déplaçons, c’est à nous de s’adapter à eux. C’est un privilège qu’ils nous laissent entrer dans leur intimité.»
Daniel Spensce, qui a débuté depuis cinq mois, admet qu’il s’agit de tout un art de savoir écouter, tout en gérant les différentes tâches à accomplir : «Le client a besoin de jaser, parfois on peut être son seul contact en une semaine. Il faut aussi savoir mettre ses limites pour effectuer les tâches qui entrent dans notre responsabilité.»
Les préposés ont chacun des clients réguliers, avec ces derniers des liens se tissent rapidement. Les employés deviennent une oreille attentive, un regard neutre. Il n’est pas rare que les clients se confient spontanément, comme en témoigne Barbara Hodgson : «J’ai côtoyé un couple de 90 ans qui venait de perdre leur fils, la tristesse dans leur regard était tellement profonde. Je devais trouver les bons mots tout en m’assurant de bien faire mon travail.»
«Ce sont des personnes qui ont du vécu, une sagesse, les valeurs à la bonne place. Ils prennent le temps de vivre», admet Andrée Jodry, préposée depuis cinq mois. Cette dernière a fait une réorientation de carrière dans le but de se retrouver davantage en contact avec les gens et se sent aujourd’hui très valorisée devant la reconnaissance quotidienne de ses clients.
Prévenir les dangers potentiels
Selon les préposés, les plus grands besoins des aînés sont de se sentir utiles et respectés tout en maintenant un rythme différent de celui de la société actuelle. Devant le vieillissement de la population, le désir de conserver son autonomie est de plus en plus présent. En se rendant sur leurs lieux de travail, les préposés peuvent constater les besoins spécifiques de leurs clients, et prévenir des dangers potentiels comme des chutes ou des maladies, en jetant un coup d’œil à l’intérieur du réfrigérateur où à la date de péremption de médicaments. Par la suite, les préposés sont aptes à aller puiser les ressources nécessaires pour venir en aide à leurs clients. «Nous pouvons permettre à certaines personnes de rester à leur domicile plus longtemps, de demeurer autonome grâce aux services offerts plutôt que de les envoyer directement dans des centres», explique Ariane Simard, préposée et étudiante en travail social. Actuellement, plus d’une centaine de personnes sont sur la liste d’attente de la Coopérative de services à domiciles du Cap-Diamant étant donné le nombre limité d’employés. La situation est similaire dans les quatre autres entreprises de la région qui offrent des services semblables. Membre du Groupe Québec Hebdo








