«Il s’agit en fait de chausser des raquettes à l’ancienne, de tirer un vieux traîneau et de porter un sac à dos, pour franchir un parcours à obstacles dans le meilleur temps possible», explique avec le sourire l’agente de développement culturel du CDFM Huron-Wendake, Julie-Christine Lainey. Deux par deux, les compétiteurs rivalisaient en faisant de leur mieux. Mais pas facile de tirer des bûches de bois derrière soi sans qu’elles glissent du traîneau, de défaire un collet et de le reposer à un autre endroit, et de ramasser toutes les fourrures, lorsque l’on est sous pression. Certains compétiteurs franchissaient la ligne d’arrivée essoufflés avec une raquette en moins! Jean-Christin, 15 ans, l’un des premiers participants, affirme que c’était beaucoup plus difficile qu’il le croyait. «Quand j’ai vu l’organisateur faire la démonstration du parcours, je me suis dit : facile! Mais le bois tombait toujours de mon traîneau et ça m’a beaucoup ralenti. Je réalise que ça ne devait pas être évident d’être trappeur à l’époque!»
Voilà justement l’objectif du festival : rappeler la vie huronne d’autrefois. «Il faut enseigner nos traditions à nos jeunes, et les faire découvrir aux autres aussi», affirme Julie-Christine Lainey, qui ajoute qu’il y a beaucoup de travail de fait à ce niveau depuis plusieurs années, mais qu’il reste encore un bon bout de chemin à parcourir. Et selon elle, plus les jeunes hurons sont en contact avec leurs traditions, plus ils s’y attachent et se réapproprient leur héritage. «De plus en plus, nos jeunes vont chasser et vont pêcher! Ils connaissent notre langue aussi, et on voit qu’ils sont vraiment contents de participer à des activités traditionnelles qui leur permet d’être en contact direct avec leur culture», croit-elle.
Le festival «Trappons l’hiver» proposait aussi des compétitions telles que le «Serpent des neiges», un jeu traditionnel qui consiste à faire glisser le plus loin possible un bâton de bois enduit de graisse animale. Plusieurs ateliers sur la culture wendake faisaient partis de la programmation, ainsi que des repas à saveurs huronnes. Pour Julie-Christine Lainey, «vivre nos traditions au quotidien, quelle qu’elles soient, c’est possible! Il faut seulement un petit coup de pouce des anciens qui montrent aux plus jeunes comment faire, et c’est ainsi qu’on arrive à conserver notre identité propre».
Membre du Groupe Québec Hebdo
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