«Nous serons 2 900 militaires à précéder la dernière équipe canadienne de militaires à se rendre en Afghanistan, mentionne Richard Giguère. Notre mission en est une pangouvernementale avec des organisations comme l'Agence canadienne de développement internationale, la Gendarmerie royale du Canada, le gouvernement afghan, etc. Même si les militaires canadiens quitteront le pays en décembre 2011, ça ne mettra pas fin à la présence canadienne en Afghanistan puisqu'on poursuivra notre engagement humanitaire.»
Les Canadiens sont à Kandahar pour créer une zone de sécurité de façon à permettre à tous les gens oeuvrant dans ce pays de travailler en paix.
«Nous sommes également là en appui à l'armée afghane. Vous savez, ce pays est en guerre depuis plus de 30 ans. Une génération d'Afghans n'a connu que des conflits depuis leur naissance. Nous supportons les forces militaires afghanes depuis déjà une dizaine d'années. Comme partenaires, nous aidons à la professionnalisation de cette armée et des forces policières. La marche est donc haute, mais nous nous en allons dans la bonne direction. Ce qu'il faut comprendre, c'est que la solution appartient aux Afghans. Ce sont eux qui remettront leur pays sur les rails. Les Canadiens travaillent en ce sens.»
C'est en 1980 que le fantassin Richard Giguère commence sa carrière militaire au sein du Royal 22e Régiment. Sa première affectation l'amène à la Citadelle de Québec. Un an plus tard, il est muté en Allemagne jusqu'en 1984, année où il est promu capitaine. Il est ensuite affecté au Centre de recrutement de Chicoutimi pour une période de quatre ans. Il revient ensuite à Valcartier comme major. Il participe en 1991 au déploiement de l'armée lors de la crise autochtone d'Oka en banlieue de Montréal.
Il complète en 1993 au Collège militaire de Saint-Jean un baccalauréat en études stratégiques avant de réaliser une maîtrise à Paris en 1994. Il fait ensuite un séjour d'un an à l'École de guerre parisienne avant de revenir à Valcartier pour deux autres années. Il est de la mission canadienne en Haïti de 1996 comme Casque bleu.
En 1997, il est muté à Kingston où il travaille au développement de l'armée du futur. En 1998 et jusqu'en 2000, il assume le commandement de la Citadelle de Québec et du 2e bataillon du Royal 22e. Il complète en 2001 un doctorat en sciences politiques avant d'enseigner au Collège militaire de Kingston et d'être muté à Montréal à la force terrestre du secteur Québec.
De janvier à juillet 2004, il agit comme chef d'état-major de la brigade internationale des opérations en Afghanistan. Il est ensuite attaché militaire à l'ambassade canadienne Washington jusqu'en 2007 avant d'être rapatrié à Ottawa comme directeur des opérations courantes de l'État-major des Forces armées canadiennes. Depuis janvier dernier, il prépare à temps plein la mission du Canada en Afghanistan à compter d'août 2010.
«En 30 ans, je n'ai jamais regretté ma décision de joindre les rangs de l'armée canadienne, d'ajouter le colonel Giguère. Je me considère comme un membre de la gang et je ressens beaucoup de valorisation à côtoyer les soldats. J'ai bien dû déménager une douzaine de fois depuis le début de ma carrière. Je remercie ma conjointe, Odette Simoneau, qui me supporte depuis toutes ces années et qui a élevé, bien souvent seule, nos quatre enfants maintenant âgés dans la vingtaine, Catherine, Simon, Louis et Rémi.»
«Depuis toutes ces années, je me suis habituée à vivre seule, indique celle qui agit comme présidente de l'arrondissement de Charlesbourg. Un militaire, ce n'est jamais à la maison. J'ai confiance en Richard et j'ai su tirer des avantages de nos nombreux déménagements. Les enfants et moi possédons une ouverture sur le monde que peu de gens ont. On comprend ce qui se passe dans le monde. J'ai cependant toujours été bien entourée par les membres de nos familles. Je considère les communications actuelles comme un couteau à deux tranchants. Dans le temps, j'attendais les lettres de Richard. De nos jours, je m'inquiète plus facilement s'il ne répond pas à un courriel expédié en début de journée. Je me demande donc lequel des deux mondes est le meilleur.»







