Designer, passionnée d’histoire, adepte des arts de la scène et férue d’écriture, la jeune femme avait l’habitude de se lancer tête baissée dans 20 projets à la fois. L’arrivée de deux enfants l’a forcée à revoir ses priorités. Mais pas question pour autant de s’enliser dans une morne routine. Tant qu’à n’avoir qu’un seul projet, aussi bien en choisir un qui soit original, qui colle de près au métier de désigner et, pourquoi pas, qui permet d’aider un peu ceux qui en ont vraiment besoin.
Une folie en inspirant une autre, c’est le film Julie et Julia qui a donné à Sonia Plourde l’idée de fabriquer 100 robes en une année. «Avec un deuxième bébé, j’ai dû fermer ma boutique et réorganiser ma vie. Je réfléchissais, mon bébé dans les bras, en écoutant Julie et Julia. Quand j’ai vu Julie qui fait 500 recettes en un an, je me suis dit que je devais trouver un concept dans ce genre là mais bien à moi. Créer 100 robes en un an, c’est un projet concret, difficile mais faisable et qui offre beaucoup de possibilités», résume la jeune femme.
Pourquoi des robes, pourquoi pas des pantalons ou des chemisiers? «La robe, c’est le vêtement par excellence. Elle existe depuis des milliers d’années et elle était portée par tous à l’origine», explique la designer.
Designer depuis plus de 10 ans, Sonia Plourde s’est souvent interrogée sur l’aspect superficiel de son travail. Son projet 100 Robes, c’est un peu une façon de redonner un sens à son travail. «La mode, ça a beau avoir un petit côté thérapeutique, c’est superficiel, ça concerne les apparences et ça n’a rien à voir avec les besoins primaires. Je voulais ramener la mode à un niveau plus humain, qui concerne les vraies valeurs. Il y a tellement de bonnes causes qui permettent de redonner à la société», raconte la jeune maman.
Question de rendre l’événement encore plus dynamique, la designer a décidé de laisser le public choisir les organismes qui recevront à parts égales les profits engendrés par la vente des robes. Et si elle a choisi de partager les sommes recueillies au lieu de tout donner à un seul organisme de bienfaisance, c’est qu’elle voulait donner une chance aux plus petites organisations, celle qui compte sur un moins gros réseau pour les supporter (et pour voter pour elles). «J’ai découvert des gens formidables qui travaillent dans l’ombre, dans des maisons de soins palliatifs par exemple», lance Sonia Plourde.
Le vote s’est terminé le 31 mai et ce sont les organismes l’Élyme des Sables, la Maison Michel-Sarrazin, le Phare Enfants et Familles, Espace Région de Québec, AQEPA de Québec, la Fondation Rêves d’Enfants, le Pignon Bleu, le Camp-École Kéno, la Fondation du CHUQ Centre Mère-Enfant et le Pivot de Québec qui ont obtenu le plus grand nombre de votes.
Sonia Plourde entend aussi vendre des t-shirts made in Québec de chez Blank, question de financer un peu les dépenses reliées au projet et – le petit côté engagé de la designer ne se cache jamais bien loin – de donner un coup de pouce à l’industrie du vêtement. «Ces 10 dernières années, le domaine de la mode a vraiment régressé au Québec. Dans la tête des gens, un t-shirt ne vaut pas plus de 10 $. C’est toute une expertise qui se perd quand on achète des vêtements faits en Chine», déplore-t-elle.
Pour suivre le projet 100 Robes de Sonia Plourde, on peut consulter le site Internet http://www.100robes.com/ . La jeune femme donne aussi de ses nouvelles sur Facebook et vient de se lancer sur Twitter. La designer devrait ajouter sur son site Web des photos des robes au fur et à mesure qu’elles seront terminées. Elle entend également organiser un défilé, question de montrer le fruit de son travail. Et si la date et le lieu de la vente aux enchères ne sont pas encore déterminés, Sonia Plourde promet déjà que les robes pourront être ajustées et qu’elles seront accompagnées d’une fiche descriptive racontant leur petite histoire.








