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Il ne fallait certes pas s’attendre à ce que les représentants des compagnies minières et des sociétés d’exploration encensent le film. Néanmoins, la plupart ont reconnu qu’il présente portrait plutôt fidèle des dures conditions de travail que devaient endurer les mineurs pendant la première moitié du 20e siècle, tout comme des batailles qu’ils ont dû livrer aux débuts du syndicalisme minier.
«Ce que MM. Desjardins et Monderie oublient de préciser, c’est que ça fonctionnait comme ça dans tous les secteurs industriels de l’époque, pas seulement dans les mines. De plus, ils survolent à peine toutes les avancées qui ont été réalisées par l’industrie en matière de santé et sécurité ainsi que d’environnement», a fait observer Daniel Bernard, député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et ingénieur géologue de formation.
Vivre dans le présent
«On n’est tellement plus dans les situations montrées dans le film, a lancé Valérie Fillion, directrice générale de l’Association de l’exploration minière du Québec. J’ai longtemps travaillé sous terre (notamment à la mine Silidor) et je n’ai vraiment pas reconnu ma propre expérience. C’est un contraste saisissant entre l’historique et la réalité.»
«Les gens doivent arrêter de nous figer dans une époque et plutôt s’intéresser à ce qu’on fait maintenant. Au cours des 20 dernières années, notre industrie a quand même réussi à réduire de 75 pour cent la fréquence des accidents. Ce n’est pas rien! Et une étude réalisée cette année par Québec a démontré que les mines étaient le secteur industriel qui répond le mieux aux principes du développement durable. Ça non plus, ce n’est pas rien», a renchéri Dominique Dionne, présidente de l’Association minière du Québec.
«C’est un contraste saisissant entre l’historique et la réalité» - - Valérie Fillion
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Loranger, a pour sa part qualifié de «passéiste et parfois folklorique» la réalité dépeinte dans Trou Story. «En tant que fils de mineur, je déplore d’ailleurs le fait que le film n’ait pas laissé la parole aux mineurs», a-t-il déclaré.
La poubelle Horne
Daniel Bernard et Jean-Claude Loranger ont aussi dénoncé le traitement peu flatteur accordé à la fonderie Horne. «En la qualifiant carrément de poubelle, Richard Desjardins et Robert Monderie passent sous silence notre contribution à détourner des dépotoirs une quantité appréciable de matériel électronique désuet. Ce recyclage représente 15 pour cent de notre production», a fait valoir Mireille Grenier, coordonnatrice aux communications chez Xstrata Cuivre fonderie Horne.
«Les métaux, ça sert dans tous les domaines de la société. Savoir qu’on les produit devrait être une source de fierté. Mais c’est difficile pour l’industrie de donner sa position, car souvent les médias ont déjà leur opinion quand ils nous contactent», a soupiré Dominique Dionne.








