Une recherche sur les boissons énergétiques à l’Université Laval

Pricile De Lacroix
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L’Institut de cardiologie et de pneumologie de l’Université Laval vient d’entreprendre une recherche sur les effets des boissons énergétiques sur le cœur et le métabolisme. Si ces substances sont conçues pour offrir davantage d’énergie lors d’un effort physique, l’équipe de recherche croit toutefois que leur consommation a des conséquences néfastes sur le quotidien des gens même en bonne santé, c’est-à-dire sur la capacité de concentration par exemple, sur la qualité du sommeil, ou lors de simples moments de détente.

«On voit de plus en plus de jeunes qui arrivent à l’urgence avec des palpitations, ce qui n’arrivait pas avant. Et il n’existe pas de littérature sur le sujet, alors il faut en créer», explique le cardiologue responsable de la prévention à l’Institut, Paul Poirier. L’étude est donc une première étape qui offrira une idée générale et bien documentée sur les effets concrets des boissons énergétiques sur le corps humain. «Nous commençons par la base. Mais nous sommes conscients que cette étude va générer plus de questions que de réponses», lance le Dr Poirier. Pour lui, et pour la responsable de la recherche, étudiante au doctorat en kinésiologie, Annabelle Dumais, cette étude est plus que nécessaire pour sensibiliser et éduquer la population. «Actuellement, on banalise la consommation des boissons énergétiques, explique Mme Dumais. Ces boissons sont en vente libre, beaucoup de gens en consomment plusieurs fois par jour maintenant, alors il y a de sérieux risques d’abus.»

Les Red bull, Monster, Arush, Full throttle et autres canettes dites revigorantes sont donc sous la loupe. Il faut dire qu’elles contiennent bien souvent plus d’un élément stimulant qui, combinés, peuvent s’avérer être «des mélanges explosifs, nocifs pour le corps et le cœur, qui provoquent ensuite des effets de dépression une fois les stimulants dissipés», explique le préparateur physique pour des athlètes de haut niveau chez HardGym Performance, Julien Braïda. On retrouve en effet de 25 à 60 grammes de glucose et d’aspartame par canette, entre 80 et 170 mg de caféine ou de noix de cola, ainsi que de 200 à 800 mg de taurine. Si l’on connaît déjà assez bien les effets du sucre et de la caféine sur le métabolisme, on connaît en revanche mal les conséquences de la consommation de taurine combinée au glucose et à la caféine. La taurine est en réalité un acide aminé produit naturellement par le corps. Mais l’équipe de recherche soupçonne que son ingestion décuple les effets de la caféine, et pourrait avoir des conséquences néfastes particulièrement sur la pression artérielle et sur l’oxygénation du cerveau.

L’équipe de recherche a débuté ses tests depuis peu. Tour à tour, des hommes et des femmes entre 18 et 35 ans en bonne santé physique, viennent passer 11 heures en laboratoire. Ils doivent consommer quatre boissons énergétiques différentes au cours de la journée et subir une batterie de tests dans plusieurs contextes, tels en effort physique ou au repos. «Nous avons évalué cinq participants pour le moment, sur un total de 20. Il est encore trop tôt pour se prononcer sur les résultats, qu’il faudra minutieusement compiler dans les mois prochains», explique Annabelle Dumais, qui estime que l’étude devrait pouvoir être publiée à l’automne.

Mais cette recherche n’est que la première d’une longue suite. L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie souhaite évaluer les risques du mélange de ces boissons avec de l’alcool, puisque c’est fréquent dans les bars. Il s’intéresse aussi à l’effet de ces boissons énergisantes sur les personnes plus âgées ou plus jeunes, les gens cardiaques ou souffrants d’hypertension, par exemple. «Les possibilités sont grandes puisque les recherches à ce sujet sont peu nombreuses. Quelqu’un qui veut faire carrière dans ce domaine a de l’avenir!», lance le Dr. Poirier à la blague.

Julien Braïda suivra les résultats avec intérêt, car il constate que certains sportifs en consomment régulièrement et s’inquiète des conséquences à long terme. Lorsque les gens qu’il entraîne lui demandent comment accroître leur énergie, il recommande plutôt la consommation de boissons plus équilibrées en sels et en sucres avant, pendant, et après une performance physique. Ainsi, le choc est moins grand pour le corps.

Membre du Groupe Québec Hebdo

Organisations: Université Laval, HardGym Performance, Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie Québec Hebdo

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  • Nic Brouard
    19 mai 2012 - 15:41

    Ca manque de creatine vos boissons c pour sa